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Des soldats américains ont lancé mardi une opération en prélude à une vaste offensive programmée des forces américaines et afghanes à Marjah, la plus grande ville contrôlée par les talibans dans le sud de l'Afghanistan.
Cette intervention sera la première attaque d'envergure contre l'insurrection depuis que le président Barack Obama a annoncé l'envoi de quelque 30.000 militaires américains en renfort dans le pays.
Dans le même temps, des responsables de l'OTAN et des autorités afghanes ont exhorté les insurgés contrôlant la ville de quelque 80.000 habitants à déposer les armes et appelé les civils à rester chez eux.
Environ 400 soldats américains ainsi que 250 militaires afghans et leurs 30 formateurs canadiens ont pris position mardi en divers endroits au nord-est de Marjah, dans la province d'Helmand. Pour l'heure, aucune victime n'a été déplorée.
D'importantes colonnes de fumée étaient visibles dans le secteur, où retentissaient des tirs de mitrailleuses et des détonations dues à l'entrée en action de lance-grenades MK-19.
Les responsables américains n'ont pas précisé à quel moment serait lancée la principale attaque sur Marjah, mais ils se sont néanmoins largement exprimés sur l'opération programmée, entraînant la fuite de plusieurs centaines de personnes de ce centre de production d'opium avant les combats.
Mardi, cependant, des talibans ont empêché des habitants de partir, alors que des familles se terraient chez elles, selon des témoins.
"Les gens ont tous très peur", a témoigné par téléphone Mohammad Hakim. Inquiet d'abandonner ses champs de coton, cet homme pensait pouvoir quitter à la dernière minute la localité avec femme, enfants et petits-enfants. Mais des talibans lui ont dit de rentrer chez lui car ils avaient posé des mines sur des routes alentour. "Notre village ressemble à une ville fantôme", a confié Mohammad Hakim.
Des représentants de l'OTAN et des autorités afghanes ont affirmé que leur premier objectif était de gagner la confiance de la population et promis, après l'opération militaire, des projets destinés à rétablir le contrôle du gouvernement et des services dans la région. "Le succès de l'opération ne sera pas dans la phase militaire", a souligné mardi le haut représentant civil de l'Alliance atlantique en Afghanistan, le Britannique Mark Sedwill. "C'est au cours des prochaines semaines et des prochains mois que les gens ressentiront les bénéfices d'une meilleure gouvernance", des "opportunités économiques" et d'une gestion sous l'égide des "autorités légitimes de l'Afghanistan", a-t-il expliqué à des journalistes à Kaboul.
A ses côtés, le gouverneur de la province d'Helmand Gulab Mangal a souligné qu'il était inhabituel mais nécessaire de rendre public le projet d'offensive, afin que les habitants sachent "que nous venons, que l'objectif" de l'opération est de "travailler pour eux, pas seulement de mener une opération militaire".
Les autorités n'ont pas conseillé à la population de partir, mais ont averti les habitants qu'ils ne devaient pas s'aventurer à l'extérieur et devaient éviter tout déplacement, une fois l'opération lancée.
D'après M. Mangal, une commission est prête à faire face au flot de réfugiés et à toute autre conséquence de l'offensive. Il a précisé qu'au moins 164 familles avaient quitté Marjah.
La principale interrogation, selon Mark Sedwill, est celle de savoir si les talibans présents dans la région seront convaincus d'adhérer à un processus de réintégration promu par le gouvernement. "Le message qui leur est adressé est de l'accepter", a-t-il déclaré. "Le message aux habitants de la région" est "de rester à l'intérieur" durant l'opération.
M. Mangal a affirmé que le gouvernement avait reçu des indications selon lesquelles des talibans du secteur étaient prêts à renoncer à la lutte et à adhérer au processus de réintégration.
Aux yeux d'observateurs internationaux, l'insurrection a pu mettre à profit le sentiment de colère qui a gagné la population face à la corruption au sein du gouvernement et à l'échec des autorités à fournir des services après plus de huit ans de guerre.
En marge des opérations militaires dans le secteur de Marjah, deux soldats de l'OTAN ont été tués mardi dans des attaques séparées, dont un Américain dans l'explosion d'une bombe dans le sud.
Un soldat français, du 13e bataillon de chasseurs alpins basé à Chambéry, est également mort dans un accrochage avec des insurgés dans l'est du pays. AP
cr/v543
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