Contenu :

ElBaradei va mener en Egypte une... Ben Bernanke apaise les peurs de...

Politique française

Ali Soumaré: la polémique ne désenfle pas

La polémique autour d'Ali Soumaré, tête de liste socialiste aux régionales dans le Val d'Oise, ne faiblissait pas mercredi. Le PS continuait d'exiger des excuses publiques, tandis que l'affaire faisait des remous à droite où la candidate UMP en Ile-de-France Valérie Pécresse a "condamné" les accusations lancées par des élus de son camp.

La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a dénoncé mercredi les "dérives" et "dérapages" d'une campagne "puante". "Je pense que là pour le coup, on est dans des dérives et des dérapages qui sont pas bons en réalité pour la vie politique", a-t-elle jugé sur TV5 Monde.

"Cette campagne est un peu, allez, puante. Quand on a ce type de dérive qui arrive et des dérapages, surtout que c'est derrière le débat sur l'identité nationale, donc voilà, c'est pas bon, c'est pas bon pour la démocratie, c'est pas bon pour les élections, ça fait pas honneur à la vie politique", a jugé Mme Amara. "C'est pas la France que j'aime, voilà. Il faut qu'on arrive à un moment donné à regarder l'intelligence et la qualité des êtres humains et qu'on arrête de regarder certains individus sur leur couleur de peau et surtout d'ethniciser les débats politiques, ça suffit quoi".

Un peu plus tôt, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait souhaité que la campagne des régionales se déroule dans un "climat calme" et "apaisé".

Alors que la procureure de la République de Pontoise Marie-Thérèse de Givry a assuré mardi qu'au moins une affaire judiciaire mise en avant par l'UMP contre Ali Soumaré relevait d'un "problème d'homonymie", le PS a dénoncé mercredi, selon les termes de Pierre Moscovici, la "campagne de caniveau menée par la droite".

"Ali Soumaré, parce qu'il était noir, parce qu'il était jeune des cités, a été calomnié par la droite, à tel point qu'elle commence à le regretter. Je demande des excuses", a déclaré le député du Doubs sur France Info.

Même son de cloche chez la députée socialiste Aurélie Filipetti. "On demande des excuses, parce qu'il est évident qu'il y avait des préjugés qui se sont exercés à l'encontre de Ali Soumaré, qui étaient des préjugés racistes, et qu'on est allé chercher des extraits faux, bidons, de son casier pour tenter de le discréditer, parce que c'était un jeune qui venait des quartiers", a-t-elle dit sur France-3.

L'affaire envenime depuis plusieurs jours maintenant la campagne des régionales en Ile-de-France. Lundi, Me Jean-Pierre Mignard, avocat d'Ali Soumaré, avait déjà annoncé l'intention de son client de porter plainte auprès du parquet de Pontoise, notamment pour "atteinte à la présomption d'innocence".

Agé de 29 ans, le candidat socialiste s'est fait connaître comme le porte-parole des familles de Villiers-le-Bel, lorsque deux adolescents en mini-moto avaient été tués dans une collision avec une voiture de police le 25 novembre 2007.

Il a été condamné le 6 décembre 2002 pour des faits datant de 1999 par le tribunal de grande instance de Pontoise à six mois de prison ferme pour vol aggravé, a indiqué à l'AP une source judiciaire. Selon Me Mignard, son client "a été réhabilité" pour ces faits remontant à plus de dix ans. M. Soumaré a également été condamné le 13 octobre 2009 à deux mois de prison ferme pour rébellion, pour des faits qui datent du 13 juillet 2009 à Villiers-le-Bel. Il a fait appel de ce jugement, qui n'est donc pas définitif.

Mardi soir, Valérie Pécresse avait "condamné" l'initiative du maire UMP de Franconville Francis Delattre, qui avait qualifié Ali Soumaré de "délinquant multirécidiviste". "Quand je me suis aperçue hier qu'une des condamnations qui avaient été mentionnée contre M. Soumaré n'était pas exacte, j'ai condamnée cette inexactitude", a expliqué mercredi la tête de liste UMP pour l'Ile-de-France. "Je le dis, je le répète, ma seule volonté dans cette affaire c'est que toute la vérité soit faite".

Reste que l'affaire continuait à faire des remous au sein de la majorité. "Ce que j'ai vu avec ces attaques contre Ali Soumaré, ça dénote vraiment une méconnaissance de la banlieue", a déploré le maire du Raincy Eric Raoult. "Si on voulait faire d'Ali Soumaré un martyr, on aurait pas fait autrement".

"Le combat politique, c'est de battre ses adversaires et pas de les abattre", a-t-il souligné sur RMC. "J'ai dit tout de suite au secrétaire général de mon parti, à la tête de liste de mon département, 'faut que ça s'arrête', parce que la vie politique, c'est pas la guerre civile", a ajouté Eric Raoult. "J'ai un peu l'impression actuellement qu'il y a un drôle de climat. C'est que la droite bobo elle aime pas les prolos", a-t-il noté.

Claude Goasguen, député de Paris UMP, a pour sa part regretté "une homonymie fâcheuse". "Ce n'est pas pour autant que la personne qui est tête de liste dans le Val d'Oise sera dispensée de dire à ceux qui vont voter pour lui ce qu'il a fait", a-t-il néanmoins précisé. AP

lat-jp/rb/sb

Copyright 2010 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistributed.

CAC 40 : 3373,14 -1,51%
Recherche valeurs :
Dernière Minute

 Les plus commentés

 Les plus envoyés

 Les plus lus

Conférences et événements
Partenariats
Sponso

Pied de page :