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ECONOMIE/SOCIAL

Avances remboursables à Airbus: discussions entre pays actionnaires "pas closes", selon Bussereau

Les discussions entre pays actionnaires d'Airbus (France, Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne) sur les avances remboursables à fournir au constructeur européen pour son programme A350 "ne sont pas closes", a déclaré lundi le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, espérant l'annonce d'une "position commune" dans "un délai d'un mois".

"La France est prête, sous réserve de ce qu'annoncent les autres pays, la discussion n'est pas close, à mettre environ 1,4 milliard d'euro d'aide. Les Allemands ont annoncé 1,5 milliard d'euros, la Grande-Bretagne n'a pas encore annoncé de chiffre", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse au Salon du Bourget à l'issue d'une réunion des ministres européens concernés.

L'Espagne n'était en revanche pas présente. Cela ne traduit pas un conflit entre la France et l'Espagne mais des négociations "un peu sportives" entre Airbus et l'Espagne. "Je crois que l'Espagne avait des choses à dire à Airbus et elle les a dites à sa manière", a glissé le ministre français.

Selon M. Bussereau, il "y a une volonté des 'Etats Airbus' à aider au développement de l'Airbus A350, en respectant les règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), sous forme d'avances remboursables. Il ne s'agit pas de se mettre en position fautive par rapport à l'OMC".

Le Premier ministre François Fillon, en inaugurant lundi matin le 48e Salon international de l'aéronautique et de l'espace, a confirmé la volonté de la France de fournir une avance remboursable pour son programme A350. "Les premiers vols sont prévus pour 2012 et nous sommes très attentifs à ce que ces délais soient tenus", a-t-il souligné.

La mise en service de l'A350 XWB (pour Xtra Wide Body, fuselage extra-large), un biréacteur long-courrier de 250 à 350 places, est normalement prévue en 2012, mais pourrait être retardée. Cet appareil est destiné à concurrencer le Boeing 787 qui doit, lui, entrer en service en 2010 avec environ deux ans de retard.

En raison de la crise économique qui rend difficile l'appel au marché, Airbus et les pays européens concernés ont décidé de revenir au système des avances remboursables, permettant d'accorder au constructeur européen jusqu'à un tiers des coûts des programmes. Il rembourse ensuite ces sommes avec des intérêts. Mais les Etats-Unis et l'Union européenne ont critiqué ce système, et des plaintes ont été déposées devant l'OMC.

"Boeing est aussi aidé. Je suis persuadé que dans sa grande objectivité, l'Organisation mondiale du commerce regardera les aides accordées par les Etats sous formes d'avances à Airbus comme elle regardera l'aide que fait le gouvernement américain à son constructeur Boeing", a noté M. Bussereau. "J'ajoute en plus que quand aujourd'hui on construit un nouvel Airbus, il y a une partie qui est construite aux Etats-Unis et quand on construit un nouveau Boeing, il y une partie qui est construite par l'industrie européenne. Aujourd'hui, on n'est pas dans la guerre des boutons", a-t-il souligné. AP

ll/mw

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