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Copenhague: un sommet crucial pour la lutte contre le réchauffement climatique

La conférence des Nations unies sur le climat organisée à Copenhague à partir de lundi tentera de conclure un nouvel accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en remplacement du protocole de Kyoto. Les négociations s'annoncent difficiles sur ce traité, jugé crucial pour la lutte contre le changement climatique au cours des prochaines années.

Plus de 65 chefs d'Etat et de gouvernement -dont les dirigeants de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, du Brésil et du Japon- assisteront aux derniers jours de la réunion qui s'achèvera le 18 décembre. Le président américain Barack Obama est de son côté attendu mercredi, à la veille de la remise de son prix Nobel de la paix à Oslo.

Il devrait présenter un objectif de réduction de 17% des émissions américaines de gaz à effet de serre (GES) à l'horizon 2020, par rapport aux niveaux de 2005. Un projet climatique est en cours d'examen au Congrès américain, qui envisage de limiter les émissions américaines entre 17% et 20% d'ici 2020 par rapport à 2005. Ce qui ne représente qu'une réduction de 4% par rapport à 1990, selon les experts.

L'Union européenne s'est pour sa part déjà engagée à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990, et le Japon de 25%, à condition que d'autres pays prennent des engagements similaires.

La position des Etats-Unis à Copenhague sera suivie avec une grande attention. Les économies majeures "regardent ce qui se passe au Congrès et ce que les Etats-Unis seront capables de mettre sur la table", souligne l'analyste Jennifer Morgan de l'Institut des ressources mondiales, un cercle de réflexion de Washington.

Il y a deux ans, lorsque les négociations ont débuté, les délégués pensaient qu'un traité global pourrait être signé à Copenhague pour succéder au protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Mais les Danois, hôtes de la conférence, et l'ONU ont reconnu récemment la possibilité que la conférence se limite à un accord uniquement politique. Les négociations se poursuivraient alors pendant six mois ou un an sur les modalités techniques et juridiques du traité.

La conclusion d'un accord pourrait se heurter au clivage entre pays industrialisés, considérés comme les principaux responsables du réchauffement, et pays en développement, regroupés notamment au sein du "G77", qui ne veulent pas se voir imposer des objectifs contraignants de baisse de leurs émissions.

La conférence vise à négocier des objectifs de réduction des émissions d'ici 2020 pour les pays riches. Contrairement au protocole de Kyoto, les pays en développement seront invités à apporter leur contribution en présentant des projets détaillés de réduction de leurs émissions.

On ignore comment ces initiatives seraient présentées dans l'accord final, et si ces pays auraient l'obligation de les mettre en oeuvre. L'Inde a annoncé jeudi se fixer un objectif non contraignant de réduction de 20% à 25% de l'intensité carbone de sa croissance économique d'ici 2020. La Chine avait annoncé la semaine dernière son intention de réduire son intensité carbone de 40% à 45% d'ici 2020.

Selon les Nations unies, les promesses faites par les pays industrialisés pour 2020 représentent une réduction globale des émissions de GES de 16% à 23%. Ce qui reste nettement insuffisant, les experts estimant que des réductions de 25% à 40% par rapport à 1990 sont nécessaires pour éviter de graves conséquences pour la planète.

"Les promesses actuelles sont insuffisantes pour maintenir la hausse des températures en dessous de deux degrés Celsius", soulignait fin novembre Yvo de Boer, le plus haut responsable des Nations unies sur le climat. Les scientifiques estiment qu'une hausse du mercure supérieure entraînerait une montée importante du niveau des océans, des sécheresses, inondations et d'autres bouleversements graves.

Une autre question épineuse concerne le financement par les pays riches d'un fonds destiné à aider les pays du Sud à s'adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions. Les experts estiment qu'à terme une enveloppe de 150 milliards de dollars (100 milliards d'euros) par an pourrait être nécessaire. AP

lma/v/nc

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