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Alain Juppé, coprésident de la commission chargée de définir l'utilisation du grand emprunt, a précisé jeudi soir que la "priorité" serait "donnée à la recherche et à l'innovation", soulignant que la "fourchette" fixée entre 25 et 50 milliards d'euros par le chef de l'Etat était celle que la commission avait "toujours envisagée".
"J'ai déclaré à plusieurs reprises que le chiffre de 100 milliards me paraissait à la fois irréaliste et dangereux" et que "50 milliards était le plafond absolu", a rappelé l'ancien Premier ministre sur France Info.
"Je ne vous donnerai pas de chiffre plus précis" car "la commission n'a pas fini son travail" mais la fourchette fixée par le chef de l'Etat laisse une "large marge de choix", a-t-il ajouté, précisant que la démarche de la commission consistait à "travailler sur la facon d'utiliser l'argent".
En l'occurence, la commission cherche à déterminer "comment développer (...) notre capacité de recherche, de développement, d'innovations, pour que la France soit aussi en pointe que possible".
La piste est la suivante: "priorité à la recherche et à l'innovation pour essayer de favoriser, d'accompagner, d'accélérer la transition vers un nouveau modèle de développement", a déclaré Alain Juppé.
"Nous avons aujourd'hui d'excellentes" universités et équipes de recherche mais "en terme de moyens", elles ne sont "pas au niveau des meilleures universités nord-américaines ou européennes; donc il faut investir dans ce domaine", a souligné le maire de Bordeaux.
Deuxième problème: "nous trouvons des bonnes idées mais nous déposons peu de brevets et nous ne sommes pas très bons dans la valorisation des résultats de la recherche, c'est-à-dire le passage à l'acte industriel. Nous allons essayer de cibler cette phase de la recherche qui permet de passer de l'idée au marché, notamment en finançant les PME innovantes", a expliqué Alain Juppé.
De plus, "tout le secteur de l'économie numérique, des technologies vertes, des biotechnologies, des sciences de la vie mérite très certainement une attention et un financement publics", a-t-il dit, estimant que ce grand emprunt annoncé le 22 juin par Nicolas Sarkozy devait s'accompagner "d'une politique très volontariste de réduction des déficits, de chasse aux gaspillages et de retour aux grands équilibres".
"Une commission est là pour faire une proposition", a-t-il rappelé. "Ensuite le chef de l'Etat décidera, il proposera au Parlement ce qu'il croit devoir proposer". AP
cr
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