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SANTÉ

Grippe A/H1N1: vers un test pré-clinique

Des chercheurs américains de l'Université Duke mettent au point un test de prédiction rapide de la grippe A/H1N1, censé être efficace avant l'apparition des symptômes. Un essai expérimental financé par le Pentagone est en cours.

L'expérience est originale: tous les jours, des étudiants doivent signaler sur la Toile s'ils ont un rhume ou s'ils présentent des signes de grippe. Si c'est le cas, une équipe médicale accourt et pratique ce test non seulement sur le malade mais aussi sur ses camarades, même s'ils sont en bonne santé apparente.

"Nous redéfinissons la définition de la maladie", a expliqué le colonel Goeffrey Ling, médecin à l'agence de recherche du Pentagone, le departement américain de la Défense.

La raison de cette innovation est l'énorme problème auquel l'armée américaine risque d'être confrontée en cas d'épidémie de grippe dans les casernes. Car la grippe A/H1N1 est contagieuse jusqu'à 24 heures avant l'apparition des symptômes, ce qui représente une des voies insidieuses de dissémination du virus.

"Si, dans un groupe de personnes qui cohabitent, vous êtes en mesure de déterminer ceux qui vont probablement tomber malade, vous pouvez rendre le traitement plus efficace en prescrivant médicaments ou vaccination", a expliqué Christopher Woods, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université Duke.

Les virus respiratoires se propagent dans les dortoirs surpeuplés des collèges aussi facilement que dans une caserne. Avec le nouveau virus, qui cible plus volontiers les jeunes, les scientifiques de Duke pourraient savoir plus tôt que prévu si leur test fonctionne.

Le principe en est simple: le système immunitaire se met en marche pour combattre l'infection bien avant l'apparition des signes de grippe ou avant que le test actuel parvienne à détecter le virus dans l'organisme. L'équipe de Duke a découvert une empreinte génomique, un changement moléculaire imperceptible qui apparaît lorsque les gènes s'activent pour combattre les infections virales respiratoires.

En collaboration avec des collègues de l'Université de Virginie et des chercheurs à Londres, l'équipe de Duke a d'abord versé différents virus dans le nez de volontaires sains. Ces derniers étaient ensuite mis en quarantaine et des prélèvements sanguins, salivaires et nasaux leur étaient faits quotidiennement.

Les scientifiques ont repéré l'empreinte ARN, qui différencie ceux qui vont tomber malades des autres, dans certains cas quelques heures seulement après que la personne a été exposée.

Pour que cela fonctionne dans la réalité, les chercheurs s'efforcent de mettre au point un test d'usage, permettant d'analyser une goutte de sang en quelques minutes et d'annoncer la maladie en changeant de couleur.

L'étude ne fait que commencer. En cas de succès, le colonel Ling espère obtenir l'approbation de la FDA, l'agence d'homologation sanitaire, dans les deux ans. Ce test serait destiné aux lieux de rassemblement, notamment les casernes, les universités, les maisons de retraite, voire les unités de soins intensifs des hôpitaux. AP

fs/v633/tl

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