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Le groupe Iliad, maison-mère du fournisseur d'accès Free, est le seul à avoir déposé une candidature pour la quatrième licence de télécommunications mobiles auprès de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), a-t-on appris auprès de cette dernière après l'expiration jeudi de l'appel à candidatures. Si les consommateurs se réjouissent à l'avance, les rivaux s'inquiètent.
Cette semaine, Free Mobile, filiale à 100% d'Iliad, avait expliqué vouloir obtenir cette licence "pour accélérer l'essor du multimédia mobile et répondre à la forte attente des consommateurs vis-à-vis d'offres plus simples, moins chères et plus innovantes".
Au grand dam des opérateurs historiques, le ticket d'entrée a été fixé à 206 millions d'euros en février dernier par le gouvernement. Ce prix correspond au tiers des 619 millions d'euros payés par Orange, SFR et Bouygues qui se partageaient seuls le marché.
Dans un entretien au "Monde" de lundi, le président de l'ARCEP Jean-Ludovic Silicani a précisé que si l'Autorité n'avait qu'un dossier à examiner, une décision sera prise avant Noël. Sinon, début 2010".
Pour l'UFC-Que Choisir, l'arrivée d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile est "une bonne nouvelle quel que ce soit le candidat", a déclaré à l'Associated Press Edouard Barreiro, chargé de mission pour les technologies de l'information et la communication. "Le marché de la téléphonie mobile est tellement mauvais qu'on ne peut pas mettre pire".
Pour le "consommateur ficelé et emprisonné", ce quatrième acteur va mettre "la pression sur les trois autres", s'est félicité M. Barreiro. Et le fait que ce soit Free n'est "pas une mauvaise nouvelle parce que c'est un acteur très offensif", qui a déjà contraint les fournisseurs internet à s'aligner sur ses offres très avantageuses pour le consommateur.
En matière de téléphonie, les trois opérateurs actuels vont donc revoir leurs offres avant même l'arrivée de Free pour être prêts à faire face aux forfaits Free, a-t-il avancé. Selon un rapport réalisé par Bercy en 2008, l'arrivée de ce quatrième opérateur ferait baisser les prix de 7%, soit un gain de 1,224 milliard d'euros par an pour les consommateurs.
Mais Free devra dans un premier temps se construire un réseau, un investissement estimé à un milliard d'euros, régler la licence de 240 millions d'euros et conquérir des clients déjà abonnés (plus de 90% de la population français).
Autre obstacle: la bataille juridique engagée par les opérateurs du marché. Jugeant que le prix de la licence était insuffisant au regard de la somme qu'ils avaient dû débourser, Orange et SFR envisagent une action en justice au niveau européen pour distorsion de concurrence. Ils contestent également le fait de devoir abandonner une partie de leurs fréquences au nouvel entrant, qui disposera d'une plage de fréquences inférieure à celles des opérateurs historiques. Deux recours en ce sens ont été déposés par Bouygues Telecom auprès du Conseil d'Etat. AP
ljg/div/mw
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