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La CGT débat à partir de lundi de sa ligne pour les trois années à venir

La CGT ouvre lundi son 49e congrès à Nantes (Loire-Atlantique), un rendez-vous qui devrait voir la réélection de l'actuel secrétaire général Bernard Thibault à la tête de la première confédération syndicale de France pour un quatrième et sans doute dernier mandat.

Le congrès commencera lundi à 14h et s'achèvera vendredi prochain à la mi-journée, quelques heures après l'élection du bureau confédéral et du secrétaire général.

A l'occasion de l'élection de cette nouvelle direction, la CGT devrait resserrer son bureau confédéral, qui passera de 12 à 8 membres avec notamment le départ à la retraite de deux personnalités de la confédération, Maryse Dumas et Jean-Christophe Le Duigou.

Ce congrès doit permettre à la CGT de faire le point sur sa stratégie, alors qu'une opposition -certes minoritaire- à la ligne de Bernard Thibault donne de la voix au sein même de l'organisation syndicale, défendant un "syndicalisme de classe" face à une direction confédérale que ses opposants accusent d'être trop "réformiste".

Cette opposition, qui s'était déjà manifestée lors du 48e congrès en 2006, a trouvé une visibilité avec la crise et la multiplication des plans sociaux, une partie de la base opposant la "lutte" au plus près du terrain, dans les usines, à la négociation nationale avec le patronat et le gouvernement.

Une partie de cette opposition a même un candidat en la personne de Jean-Pierre Delannoy, responsable des métallurgistes CGT dans le Nord-Pas-de-Calais, qui se présente au poste de secrétaire général de la confédération contre Bernard Thibault pour peser sur les orientations de ce congrès.

Une première pour l'organisation syndicale, même si M. Dellanoy n'a aucune chance d'être élu, sa candidature n'étant pas prise en compte par la confédération et n'ayant pas été présentée en respectant les règles statutaires. Ses partisans organisent un meeting de soutien en marge du congrès mercredi prochain dans la soirée à Nantes.

La CGT va aussi devoir faire le bilan de sa stratégie au sein du mouvement social interprofessionnel impulsé au début de l'année pour exiger un changement de politique économique et sociale face à la crise, mouvement qui a trouvé ses limites au début de l'été, avant de prendre fin début octobre.

Le 7 octobre, la sixième journée d'action interprofessionnelle de l'année avait en effet peu mobilisé, sur fond de divisions entre les syndicats, alors que le mouvement avait connu une phase ascendante unitaire en début d'année, culminant à 3 millions de personnes dans les rues de toute la France -selon les syndicats- le 19 mars dernier.

Depuis, l'intersyndicale à l'origine de ce mouvement, qui a enregistré la défection de FO, n'a pas reprogrammé d'autre date, sans pour autant pouvoir afficher de réelle victoire. Un contexte bien différent de celui de 2006, où syndicats -en tête desquels la CGT- et mouvements de jeunesse avaient infligé un cuisant recul au gouvernement Villepin en gagnant la bataille contre le CPE. AP

god/tl

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