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Confronté à une vague de suicides, l'opérateur France Télécom annonce lundi le remplacement de son numéro deux, Louis-Pierre Wenes, par un proche de Nicolas Sarkozy, Stéphane Richard, a-t-on appris auprès du service de presse.
Stéphane Richard est l'ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Il avait été nommé directeur général délégué chargé des affaires internationales de France Télécom en juillet, dans la perspective de prendre la succession du PDG de l'entreprise Didier Lombard en 2011.
Dans un communiqué, France Télécom précise que c'est l'actuel directeur général adjoint de l'entreprise qui a "demandé à Didier Lombard (...) de le décharger de ses responsabilités", ce que le PDG de l'opérateur a accepté.
Selon le site Internet lepoint.fr qui avait d'abord révélé cette information, c'est lors d'une réunion jeudi dernier entre Didier Lombard et Christine Lagarde qu'a été proposée la nomination de Stéphane Richard comme numéro deux de l'opérateur.
Il a notamment travaillé chez Veolia et a été l'un des artisans de la privatisation de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM). Il a également dirigé la société immobilière Nexity.
Le porte-parole de la CGC-UNSA du groupe France Télécom, Sébastien Crozier s'est félicité du départ de M. Wenes et de cette nomination. "On pense que maintenant, les conditions sont réunies pour qu'un changement de stratégie se mette en oeuvre", a-t-il déclaré à l'Associated Press.
Mais, a-t-il observé "on ne recréera pas le lien social qui a été détruit pendant cinq ans en quinze jours". "Ce qui nous semble positif, c'est qu'on rompt la logique infernale dans laquelle on était (...) On a fait beaucoup de mal à cette entreprise et les salariés en ont beaucoup souffert".
Une réunion est prévue à 10h entre la direction et les organisations syndicales. Elle avait été fixée avant cette nomination pour évoquer l'appel à la grève lancé pour les 6 et 7 octobre par l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FO, CGC et Sud.
L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a jugé sur LCI que ce "geste est une initiative heureuse". "Nous voulions un changement de stratégie sociale, il y a un changement d'équipe exécutive, c'est une réponse". "Il est très important que la direction de France Télécom envoie un message de confiance pour les salariés dans l'avenir de l'entreprise" face à "une situation grave".
Le député socialiste de Seine-Maritime Laurent Fabius a estimé sur RMC-Info/BFM-TV que "c'est une décision légitime". "Il y a un drame, une série de drames chez France Télécom, ce qui prouve qu'il y a quelque chose de profondément malsain dans le fonctionnement".
"Je crois que quand il y a une situation de cet ordre, il faut que les responsables se mettent en cause et s'interrogent", a-t-il noté. "Il a été décidé que ce soit la personne qui était chargée des relations sociales au sein de l'entreprise qui soit dégagée, je pense que c'est une décision légitime". AP
ir/ljg
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