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"Duch", l'ancien chef de la prison S-21 de Phnom Penh et premier dirigeant khmer rouge jugé devant un tribunal international, a tenté de minimiser son rôle dans le génocide cambodgien, a déploré lundi un avocat des victimes au cours des dernières plaidoiries du procès.
Kaing Guek Eav, de son vrai nom, qui devrait témoigner mercredi, devrait connaître son sort au début de l'an prochain pour avoir participé au génocide au cours duquel quelque 1,7 million de personnes ont été tuées, exécutées, sont mortes d'épuisement ou de malnutrition pendant les années du régime sanguinaire de Pol Pot, de 1975 à 1979.
Duch (prononcer "Doïk") dirigeait la prison S-21 où près de 16.000 personnes ont été torturées avant d'être envoyées à la mort. Il est poursuivi pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre, meurtres et torture. Il risque la prison à vie, la peine de mort n'étant plus appliquée au Cambodge.
Duch est le seul chef khmer rouge a avoir reconnu ses crimes mais il nie avoir personnellement torturé ou tué des prisonniers de S-21. Quatre autres dirigeants attendent leur procès. Malgré les remords exprimés par Duch, l'avocat des victimes Me Karim Khan a regretté que l'accusé ait tenté tout au long de son procès de minimiser son rôle dans "l'horrible réalité" de S-21.
Un autre avocat des plaignants, Me Kong Pisey, a rejeté les justifications de Duch selon lesquelles il craignait d'être persécuté par ses supérieurs. "Son but était de rester au pouvoir à une position importante avec des contacts exclusifs et quotidiens avec les plus hauts responsables" du régime, a-t-il dénoncé.
"Regardez-les, Duch! Regardez ces hommes et ces femmes que vous vouliez écraser, et ces parents et être chers, ces enfants que vous avez écrasés", a lancé l'un des avocats des victimes, Me Philippe Cannonne. "Vous pouvez écraser des insectes ou des animaux, mais vous ne pouvez pas écraser des êtres humains parce qu'un jour ils reviendront, d'une façon ou d'une autre, eux ou leurs descendants, pour demander des comptes".
"Il a dit dès le début qu'il voulait s'expliquer devant les juges, devant l'opinion. C'est la dernière fois qu'il pourra le faire", plaide son côté l'avocat de Duch, Me François Roux. "Alors, il est inquiet de ce qu'il va dire et comment il le dira". Il espère que les juges prendront en considération son repentir et les excuses qu'il a présentées à ses victimes.
Le procès s'est ouvert le 30 mars, en présence de plusieurs rescapés de la prison S-21. De nombreux témoins et experts ont défilé à la barre. AP
xo/ljg/st/v178
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