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Les forces de sécurité sont intervenues mardi dans la capitale du Honduras Tegucigalpa pour disperser à coups de matraque, de gaz lacrymogène et au canon à eau des manifestations en faveur du président déchu Manuel Zelaya autour de l'ambassade du Brésil, où il s'est réfugié lundi dès son retour.
D'après Orlin Cerrato, porte-parole des services de sécurité, le secteur autour de la représentation diplomatique était sous le contrôle des autorités mardi matin. M. Cerrato n'a pas fait état d'interpellations ou de blessés.
Des milliers de partisans de Manuel Zelaya ont défié un couvre-feu décrété par le gouvernement, passant la nuit autour de l'ambassade du Brésil pour célébrer son retour au Honduras, avant d'être dispersés dans la matinée de mardi. En exil depuis le 28 juin, Manuel Zelaya a expliqué sans donner beaucoup de précisions qu'il était rentré clandestinement, après un long voyage par la route et de fréquents changements de véhicules. Il a précisé à l'Associated Press qu'il n'avait pas l'intention de quitter l'ambassade mais qu'il souhaiterait parler au président par intérim Roberto Micheletti, arrivé à la tête du pouvoir après le coup d'Etat du 28 juin.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a de son côté déclaré s'être entretenu mardi matin par téléphone avec Manuel Zelaya. "J'ai parlé ce matin avec le président Zelaya simplement pour lui demander de veiller à ne fournir aucun prétexte aux dirigeants du coup d'Etat pour se livrer à la violence".
En laissant M. Zelaya se réfugier dans l'ambassade, le Brésil n'a fait que son devoir démocratique, a souligné Lula. "Nous ne pouvons pas accepter que pour des divergences politiques, des gens pensent qu'ils ont le droit de déposer un président démocratiquement élu", a-t-il fait valoir.
Le gouvernement du président par intérim Roberto Micheletti, qui a menacé de jeter Zelaya en prison s'il revenait, a pour sa part demandé au Brésil de le livrer aux autorités honduriennes, qui ont décrété lundi après-midi le couvre-feu à Tegucigalpa, fermé tous les aéroports internationaux et postes frontaliers du pays et mis en place des barrages sur les routes.
Ces mesures sont destinées à empêcher les partisans de Zelaya d'affluer d'autres régions du pays et organiser dans la capitale des manifestations aussi importantes qu'après son expulsion manu militari. Le chef du syndicat des enseignants Eulogio Chavez a annoncé que quelque 60.000 éducateurs à travers le pays se mettraient en grève pour une durée indéterminée à partir de mardi pour soutenir la réintégration dans ses fonctions du président destitué.
Soutenu par les Etats-Unis et la communauté internationale depuis son expulsion, Manuel Zelaya a appelé lundi à des manifestations pacifiques, à la "réconciliation" et à des négociations avec le gouvernement de facto.
La médiation assurée par le président du Costa Rica Oscar Arias est au point mort depuis des semaines, achoppant sur le refus du gouvernement intérimaire d'accepter le retour de Manuel Zelaya à la présidence.
Le plan du médiateur costaricain prévoyait le retour de Manuel Zelaya à son poste, la formation d'un gouvernement d'unité nationale, l'organisation d'une élection présidentielle fin octobre, soit un mois plus tôt que prévu, ainsi que l'amnistie de tous les délits politiques, commis avant et après le coup d'Etat du 28 juin.
Toujours selon ce plan, Manuel Zelaya devait abandonner le contrôle de l'armée à un tribunal électoral, un mois avant le scrutin, pour en garantir son impartialité. Le président en exil devait en outre renoncer à son projet de référendum sur la réforme de la Constitution, en vue de se faire réélire.
Manuel Zelaya a été renversé par l'armée et expulsé du pays, pour avoir voulu organiser ce référendum, jugé illégal par la Cour suprême. La haute instance et le Parlement, de surcroît alarmés par le rapprochement entre Zelaya et le Venezuela du président Hugo Chavez, ont apporté leur soutien à ce putsch.
L'élection présidentielle est prévue le 29 novembre prochain et le mandat de M. Zelaya prend fin le 27 janvier 2010. L'expulsion de Zelaya a été condamnée par la communauté internationale, qui a exigé le retour du président élu. Roberto Micheletti a, lui, affirmé qu'il se retirerait du pouvoir après l'élection présidentielle du 29 novembre.
Le retour du président déchu est intervenu à la veille de l'Assemblée générale des Nations unies, où la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé les parties prenantes à une solution pacifique. "Il est impératif que le dialogue commence, qu'il y ait un canal de communication entre le président Zelaya et le régime de facto au Honduras", a commenté Mme Clinton lors d'une conférence de presse avec Oscar Arias.
"La médiation d'Arias dans le problème politique du Honduras a pris fin et il n'y a absolument rien d'autre à faire dans ce conflit", a répliqué Roberto Micheletti. AP
ll/v0332-74/tl/cr/v426
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