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France

Les deux Françaises incarcérées en République dominicaine ont été graciées

Le président de la République dominicaine Leonel Fernandez a gracié les deux jeunes Françaises, Sarah Zaknoun et Céline Faye, condamnées dans son pays en décembre 2008 à huit ans d'emprisonnement pour trafic de drogue. Saluant cette "décision rarissime", le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet a précisé jeudi qu'il irait chercher les deux jeunes femmes "dès que possible" et espérait quitter avec elles Saint-Domingue "le 29 (décembre) au plus tard".

Le président français Nicolas Sarkozy, selon un communiqué diffusé jeudi soir par l'Elysée, a transmis ses "très sincères remerciements" à Leonel Fernandez.

"La grâce que vous avez accordée à Mesdemoiselles Faye et Zaknoun leur permet non seulement de rentrer immédiatement en France, mais elle leur épargne la poursuite de leur détention. Je vous suis très reconnaissant pour ce geste d'humanité et de générosité", écrit M. Sarkozy.

Dans un communiqué diffusé sur son site internet, la présidence dominicaine a précisé que M. Fernandez avait signé mercredi le décret graciant Sarah Zaknoun et Céline Faye. Cette décision a été prise à l'occasion des fêtes de Noël. Un Américain et deux Dominicains sont également concernés.

Lors d'une visite en France le 2 décembre, Léonel Fernandez avait fait savoir que les jeunes femmes pourraient être transférées en France avant Noël pour y purger leurs peines.

"Il n'y a eu aucune contrepartie" financière apportée par la France pour obtenir leur grâce, a assuré le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet sur France Info. Cette décision intervient dans "le cadre des excellentes relations diplomatiques" entre les deux pays.

Alain Joyandet, qui avait signé avec la République dominicaine une convention de transfèrement des détenus français et dominicains le 13 novembre lors d'une visite sur place, a confirmé jeudi matin lors d'une conférence de presse que les deux jeunes Françaises étaient "définitivement graciées", que leur peine était "annulée", "effacée complètement" et qu'elles rentreraient "libres" en France. Cependant, cette grâce n'"efface pas" les conclusions de la justice dominicaine, c'est-à-dire leur condamnation.

Sur les 19 Français détenus en République dominicaine, Sarah, 20 ans, et Céline, 21 ans, sont "les plus jeunes"; les jeunes femmes qui ont effectué "18 mois de prison" étaient "en danger psychologique", a précisé le sécrétaire d'Etat.

"Les 17 autres Français incarcérés là-bas vont bénéficier d'une procédure de transférement accélérée", ils "pourront dans l'année qui vient rentrer en France" et "bénéficier du système de remise de peines français", a-t-il par ailleurs promis.

"Nous travaillons d'arrache-pied pour Florence Cassez au Mexique, pour Clotilde Reiss en Iran, et pour chacun des 2.230 détenus Français à l'étranger", notamment "Michaël Blanc, détenu depuis 10 ans en Indonésie", a assuré le secrétaire d'Etat, rappelant que la France a signé des conventions de transfèrement avec près de 80 pays.

Alain Joyandet avait expliqué un peu plus tôt sur RTL que la libération des deux jeunes femmes était "l'aboutissement d'un long travail diplomatique depuis une petite semaine". "Dès que le décret a été signé, je les ai eues au téléphone, ainsi que leur famille", a-t-il dit, "elles n'avaient plus de mots".

La "tradition" qui veut en République dominicaine que "chaque année, notamment à Noël, quelques grâces" soient prononcées, a permis de "demander justement que ce transfèrement, qui était d'ores et déjà acquis, soit transformé en grâce", a-t-il souligné. "Nicolas Sarkozy et son épouse Carla s'étaient beaucoup investis dans ce dossier et cela a pesé évidemment très lourd dans la décision", a-t-il ajouté sans fournir de précisions sur le rôle du couple présidentiel.

L'action de la France en faveur de Sarah Zaknoun et Céline Faye est "quelque chose de juste", "elles ont déjà payé un lourd tribu", a-t-il encore estimé, refusant de s'exprimer sur le fond du dossier judiciaire.

La mère de Céline, Pascale Jackson, a exprimé son "immense joie" sur RTL. C'est "un gros poids en moins, un gros souci en moins". Elle a confié qu'Alain Joyandet l'avait appelée à 1h du matin pour lui annoncer la nouvelle et qu'il ramènerait les jeunes femmes en France. "On n'a pas de jour fixe, mais on sait que c'est la semaine prochaine", a-t-elle expliqué.

"On ne pouvait vraiment pas imaginer ça, espérer ça. Au départ des conditions posées, elles quittaient la République dominicaine pour faire leur peine en France. Là, c'est vraiment la grâce totale, c'est inespéré (...) Le cauchemar s'est arrêté".

Les 11 et 12 décembre 2008, le tribunal pénal de Puerto Plata avait condamné les deux étudiantes de Besançon (Doubs), Sarah Zaknoun et Céline Faye, à huit ans de prison pour trafic de drogue. Les deux jeunes filles, en vacances dans le pays, ont nié farouchement ces accusations. Arrêtées en juin 2008 lors de leur embarquement pour Paris, leurs valises contenaient, selon l'accusation, respectivement deux et trois kilos de cocaïne et d'héroïne. AP

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