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Les questions climatiques reléguées au second plan aux Etats-Unis

Arrivé au pouvoir avec le soutien d'une majorité démocrate au Congrès, il s'était engagé, contrairement à son prédécesseur, à faire contribuer les Etats-Unis à une limitation mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Mais un an après le début de son mandat, Barack Obama et les parlementaires démocrates sont loin d'avoir atteint leurs objectifs climatiques.

Il n'y a aucune chance qu'une loi soit votée cette année pour limiter les émissions de GES, alors que les démocrates et l'administration Obama l'avaient espéré dans un premier temps pour renforcer les perspectives d'un accord international à la conférence de Copenhague sur le climat.

Malgré de bonnes intentions au départ, la question du réchauffement climatique a été victime de la récession économique, de la priorité donnée à la réforme du système de santé et de chamailleries au Congrès. Obstacle supplémentaire: l'opinion publique américaine, qui dit soutenir les actions visant à réduire les émissions de GES mais qui ne veut pas mettre davantage la main au porte-monnaie pour ses besoins énergétiques.

Selon un récent sondage réalisé par l'agence Associated Press et l'Université de Stanford, 85% des Américains souhaitent que le gouvernement fasse quelque chose pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais la plupart d'entre eux ne veulent pas payer trop cher pour cela, tout comme les industries polluantes.

"Nous n'avons pas répondu aux espoirs qu'avaient certains pour cette année (...) une position qui donnerait au président, quand il ira à Copenhague, une voix plus forte", a commenté l'ancien sénateur John Warner, un républicain de Virginie.

Certains démocrates, élus d'Etats qui dépendent de combustibles fossiles pour leur énergie ou en ont grand besoin pour leurs industries, craignent l'imposition de taxes contre les pollueurs. Avec une "économie plutôt malade", le calendrier pour une révision de la politique énergétique ne pouvait pas être pire, a ainsi déploré le sénateur Byron Dorgan, un démocrate du Dakota du Nord.

Barack Obama a décidé de se rendre personnellement à Copenhague pour démontrer son implication. Vendredi, il a même changé les dates de son déplacement pour être présent au sommet qui marquera la fin de cette conférence sur le climat et donner ainsi une plus grande chance à la conclusion d'un accord. Il n'aura toutefois que des objectifs prévisionnels à présenter.

Ces objectifs -une réduction de 17% du niveau des émissions de 2005 d'ici 2020- ne seront probablement pas atteignables aux Etats-Unis sans le vote d'une nouvelle loi, ce qui va mettre davantage de pression sur le Congrès pour légiférer dans ce sens en 2010. Cela permettrait notamment de convertir l'accord politique susceptible d'être trouvé à Copenhague en un traité contraignant.

Le Sénat devra ratifier tout traité accepté par les Etats-Unis. En juin, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi avec un objectif de réduction de 17% des émissions. Peu de républicains l'ont voté et certains démocrates qui s'étaient prononcés pour ont d'ores et déjà annoncé qu'ils s'employeraient à faire diminuer cet objectif lors de l'examen du texte au Sénat. AP

pyr/v141/tl

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