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Présidentielle en Roumanie: un second tour pour départager Basescu et Geona

Le président démocrate-libéral Traian Basescu devance de peu l'ancien chef social-démocrate de la diplomatie Mircea Geoana au premier tour de la présidentielle roumaine, selon les résultats publiés lundi. Le second tour de l'élection, importante pour sortir la Roumanie d'une crise économique et politique aiguë, est prévu pour le 6 décembre.

Après le dépouillement de 74% des bulletins, M. Basescu a obtenu 32,8% des voix contre 29,8% pour M. Geoana. Le leader de l'opposition conservatrice, Crin Antonescu, a recueilli 20,3%, se plaçant au troisième rang parmi les 12 candidats.

Le président de centre-droit Traian Basescu (issu du Parti démocrate-libéral, PD-L), 58 ans, brigue un deuxième mandat de cinq ans, face à Mircea Geoana, président du Sénat et chef du Parti social-démocrate (PSD) depuis 2005.

Quelque 18 millions de Roumains étaient appelés aux urnes dimanche pour un scrutin crucial dans la sortie de crise du pays. En l'absence de gouvernement et de budget 2010, le Fonds monétaire international (FMI) a en effet bloqué un prêt de 1,5 milliard d'euros crucial pour la Roumanie, l'un des pays les plus pauvres de l'Union européenne. L'économie nationale, déjà plongée dans une profonde récession, devrait se contracter d'environ 8,5% en 2009, et le chômage a augmenté de 3% en un an, à 7,1% de la population active.

Sur le plan politique, la situation est également très confuse depuis l'éclatement de la coalition et le renversement du gouvernement PD-L/PSD d'Emil Boc par le Parlement le 13 octobre. Le Parlement ayant rejeté le nouveau gouvernement qui lui était soumis, M. Boc dirige depuis octobre un gouvernement par intérim doté de pouvoir limités. Les sociaux-démocrates accusaient les libéraux-démocrates de préparer des fraudes à la présidentielle de dimanche.

Des irrégularités ont effectivement été relevées dimanche, avec une participation inhabituellement élevée dans les 3.500 bureaux de vote spéciaux mis en place pour les Roumains en déplacement hors de leur circonscription. La Commission électorale a déclaré que plus de 430.000 électeurs avaient voté dans ces centres, mais des témoins affirment que certains ont été acheminés en cars après avoir déposé un premier bulletin ailleurs.

Deux personnes accusées d'avoir voulu acheter des voix ont été arrêtées dans le sud, selon les autorités, et de nombreux témoignages font état de tentatives de corruption des électeurs avec différents produits de consommation comme du sucre ou des couvertures.

La désignation du président est cruciale pour remettre en place un gouvernement car le chef de l'Etat nomme le Premier ministre, qui doit ensuite être adoubé par le Parlement pour former une nouvelle coalition. MM. Basescu et Geoana ont d'ailleurs tous deux estimé que l'élection de dimanche était l'une des plus importantes depuis la chute du communisme en Roumanie en 1989.

Le président Basescu avait également introduit un référendum dimanche sur la suppression d'une chambre et d'au moins 171 des 300 sièges au Parlement, contre lequel le chef de l'Etat se bat depuis qu'il a tenté de le destituer en 2005. Les résultats partiels suggèrent la victoire du "oui".

Même si un gouvernement peut enfin être formé à l'issue de la présidentielle de dimanche, il est peu probable que le FMI débloque son prêt avant le 31 décembre, alors que l'Etat ne peut plus payer les fonctionnaires et les retraites. Quelque 1,3 million de fonctionnaires devraient donc prendre huit jours de congés sans solde d'ici la fin de l'année. AP

ljg/st/v161

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