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Le président centriste de la commission des finances du Sénat Jean Arthuis a regretté jeudi que le projet de loi de finances pour 2010 ne prévoie pas "les dépenses correspondant au grand emprunt".
"C'est dommage qu'on ne puisse pas inscrire dans la loi de finances que nous allons voter sans doute dans trois semaines les dépenses que préconisent messieurs Rocard et Juppé", (coprésidents de la commission sur le grand emprunt, NDLR), a regretté Jean Arthuis sur Canal+, jugeant ce choix du gouvernement "fâcheux".
Ou bien le gouvernement "arrive à faire des arbitrages" pour inscrire les dépenses du grand emprunt dans le projet de loi, et "le déficit reste quand même à 116 milliards" d'euros, ou il revient "au début de l'année 2010 avec une loi de finances rectificative", ce qui fera "35 milliards de déficit et de dette supplémentaires", a estimé le sénateur du groupe Union centriste.
Un grand emprunt de 35 milliards d'euros, "c'est beaucoup", a-t-il aussi jugé, rappelant "qu'aux 115, 116 milliards de déficit de l'Etat, s'ajoutent les 33, 36 milliards de la Sécurité Sociale". Il "pèsera naturellement sur l'endettement de la France", a averti le sénateur, sans se prononcer sur ce que sera le vote du Parlement à ce sujet.
A la question de savoir si la France arriverait à revenir à l'équilibre de ses comptes d'ici 2013, Jean Arthuis a estimé que "ça n'est pas réaliste" et que "ce sera certainement un peu juste" d'ici 2014.
"Objectivement, je ne vois pas comment on y parviendra sans une augmentation sans doute limitée" des impôts, a-t-il souligné même si cela "semble contrevenir à certains engagements". "Il faudra beaucoup de pédagogie pour que nos compatriotes comprennent qu'on ne peut pas s'en sortir autrement", a-t-il prédit. AP
lat/cov/cr
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