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A quelques jours du sommet de Copenhague pour le climat, pays riches et pays pauvres semblent proches d'un accord pour mettre fin d'ici 20 ans à la déforestation, qui représente jusqu'à un cinquième des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement de la planète.
Des points cruciaux sont toujours en discussion mais un tel accord entre les 192 pays membres des Nations unies réunis à partir de lundi au Danemark pourrait inciter les négociateurs à fixer des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en général.
La destruction des forêts pèse lourd dans la balance climatique: la combustion et la décomposition des arbres représente jusqu'à 20% du dioxyde de carbone (CO2) rejeté dans l'atmosphère, soit autant que l'ensemble de tous les camions, voitures, trains, avions et bateaux.
C'est pourquoi le projet d'accord REDD (Réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation) prévoit de réduire de moitié la destruction des forêts des pays pauvres à l'horizon 2020, et d'y mettre fin entièrement d'ici 2030.
Le plan serait financé soit par l'aide des pays riches, soit par le commerce de permis d'émission de CO2: les pays n'ayant pas atteint leur plafond d'émissions pourraient revendre leur "surplus" aux autres.
La protection des forêts apparaît comme un moyen simple et économique de s'attaquer au réchauffement climatique, et qui pourrait permettre de diviser par deux le coût de la réduction de moitié des émissions de CO2 d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990, selon le rapport Eliasch Review commandé par le gouvernement britannique.
Force est de constater que l'argent et les efforts investis depuis des décennies par la communauté internationale dans la protection des forêts n'ont pas donné grand-chose jusqu'ici.
Chaque année, environ 13 millions d'hectares de forêt sont coupés, notamment pour l'agriculture ou l'élevage, soit l'équivalent de la superficie de la Grèce, ce qui dégage à peu près autant de CO2 que la Chine ou les Etats-Unis, les deux plus grands pollueurs du monde.
Selon l'ONU, REDD pourrait générer plus de 30 milliards de dollars (environ 20 milliards d'euros) par an pour la protection de la forêt dans une quarantaine de pays tropicaux. Mais il faudra résoudre quelques problèmes, comme le risque d'emballement des coûts si l'accord devait s'appliquer aux tourbières et plantations sur les forêts détruites, la corruption ou la protection des communautés forestières.
Le Brésil suggère que les pays riches versent une aide directe de 20 milliards d'euros (30,3 milliards de dollars) d'ici 2015 et que leur investissement dans les forêts ne puisse pas leur rapporter plus de 10% de crédits-carbone.
D'autres pays tropicaux misent sur le marché du carbone, car l'argent n'arrive que si les objectifs de réduction des émissions de CO2 sont atteints, explique Frances Seymour, directrice du Centre internationale de recherche sur les forêts (CIFOR).
Si les études montrent que le marché du carbone est le système qui rapporte le plus à long terme, certains s'inquiètent de ce qu'il permet aux pays riches de limiter leurs efforts contre les gaz à effet de serre et qu'il ne fournira pas aux pays pauvres l'argent nécessaire pour mettre en route leurs programmes REDD.
L'argent proposé par des pays comme la France et la Norvège et celui des marchés du carbone aux Etats-Unis et en Europe ne suffisent pas: il faut des engagements fermes sur le financement du programme dans ses cinq premières années, explique Suzana Kahn Ribeiro, responsable brésilienne pour le changement climatique.
D'autres soulignent le risque que REDD n'alimente le banditisme et la corruption liés aux crédits-carbone de la déforestation dans certains pays. A quoi Agus Purnomo, à la tête du Conseil indonésien sur le changement climatique, répond qu'il existe des lois nationales et qu'on ne peut pas "éradiquer toute la corruption avant de démarrer".
Une autre question se pose à propos de REDD: qui touchera quoi? Initialement, les grands bénéficiaires devaient être les dizaines de pays tropicaux les plus durement touchés par la déforestation, mais aujourd'hui, la Chine, l'Inde, le Guyana ou le Costa-Rica demandent leur part.
Quant aux pays qui ont déjà fait reculer la déforestation par leurs propres moyens, ils vont demander pourquoi d'autres recevraient de l'aide, remarque Benoît Bosquet, expert des questions forestières à la Banque mondiale. Pour trouver un accord, prévient-il, il faudra "que tous les pays forestiers y trouvent leur compte". AP
st/v/tl
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