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Politique française

Sarkozy fait campagne pour la défense de la ruralité

Dans une région qu'il espère voir basculer à droite lors des prochaines régionales, Nicolas Sarkozy a présenté mardi à Morée, près de Vendôme (Loir-et-Cher), un plan d'action pour les territoires ruraux digne d'un programme électoral, prévoyant le développement d'Internet à très haut débit, la création de maisons de santé et la protection des trains Corail.

Bien qu'il assure que ce n'est "pas la place" du président de s'engager dans la campagne des régionales, le chef de l'Etat a pris soin d'effectuer ce déplacement avec le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli, candidat UMP à la présidence du conseil de la région Centre, face au socialiste François Bonneau.

Une nouvelle fois, il a dénoncé la "folie fiscale" des collectivités locales, et notamment des régions, dont 20 sur 22 sont détenues par la gauche. "Si l'autonomie c'est le droit d'augmenter les impôts et de créer des emplois de fonctionnaires qu'on n'a pas les moyens de financer, je ne suis pas sûr qu'on y gagne", a-t-il noté en clôture des Assises des territoires ruraux, marquée par des manifestations d'agriculteurs venus des six départements de la région.

"Nicolas Sarkozy vient parler de ruralité sans inviter les agriculteurs qui occupent 80% de l'espace, c'est hallucinant!", s'est ainsi insurgé Claude Cochonneau, vice-président de la FNSEA, sur fond de barrages filtrants sur les axes menant à Morée.

Soucieux de montrer son attachement au monde rural, tout en défendant l'aspiration de ce dernier à la "modernité", M. Sarkozy a choisi l'Internet comme fer de lance de son plan pour les campagnes.

"L'Internet à très haut débit, c'est une révolution technologique qui va compenser le lourd handicap de l'enclavement" pour ces zones à faible densité démographique, a-t-il souligné, exprimant son hostilité à une "jachère numérique" de ces territoires.

Sur les deux milliards d'euros alloués au développement du numérique dans le cadre du grand emprunt, "la moitié (sera) consacrée aux territoires les moins denses", a-t-il dit, expliquant aux Français ruraux que "si l'Etat ne le prend pas à sa charge, il n'y a aucune chance que vous ayez accès au très haut débit".

Nicolas Sarkozy a également mis l'accent sur l'accès à la santé de proximité, l'une des priorités identifiées par ces Assises lancées en octobre par le ministre de l'Aménagement du territoire Michel Mercier. Il a annoncé en particulier l'octroi dès la rentrée prochaine de 400 bourses à des étudiants en médecine, "qui s'engageront à exercer au moins dix ans dans des territoires à faible densité médicale", et le lancement d'un plan triennal de création de maisons de santé pluridisciplinaires.

"L'Etat et l'assurance-maladie participeront au financement de 250 maisons de santé en trois ans. Ainsi nous doublerons leur présence sur le territoire", a-t-il expliqué après avoir visité l'un de ces établissements à Mondoubleau.

Il a d'autre part souhaité que l'effort accordé au développement des lignes ferrées à grande vitesse ne se fasse pas "au détriment des lignes Corail, dont on a besoin" en zone rurale. Pour que soit assuré "l'avenir économique de ces lignes", il a chargé le ministre des Transports Dominique Bussereau de trouver une "solution pérenne" d'ici le mois de juin.

Evoquant par ailleurs la loi sur le changement de statut de La Poste, qu'il doit promulguer cette semaine avant son entrée en vigueur le 1er mars prochain, Nicolas Sarkozy a rappelé que, pour la première fois, est prévu dans un texte législatif "la présence de 17.000 points de contact sur le territoire national".

Dans un contexte de crise persistante, le président a indiqué qu'il allait "être obligé de revoir les banques" pour évoquer avec elles la distribution du crédit aux entreprises et leurs difficultés de financement "inacceptables".

"Je le dis très simplement: nous les avons sauvées. Nous avons protégé votre épargne, mais je ne passerai pas d'un excès où on finançait n'importe quoi à une situation où on serre la vis à une entreprise qui a des besoins de trésorerie pour quelques milliers d'euros", a-t-il lancé, provoquant une salve d'applaudissements.

Le PS a fustigé un discours "affligeant", qui "ne répond en rien aux attentes des millions de Français vivant à la campagne". Pour Germinal Peiro, secrétaire national ruralité et mer, Nicolas Sarkozy voulait surtout "battre le rappel avant les élections régionales en apportant son soutien à Hervé Novelli". "Nicolas Sarkozy, qui se comporte ici encore une fois comme le chef de l'UMP, confond avenir de l'UMP dans la campagne électorale et avenir des campagnes françaises", dénonce-t-il. "Les élus et les acteurs du monde rural et agricole qui ont participé aux assises des territoires ruraux auront de quoi se sentir trahis". AP

tl/mw/sb/com

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