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Sri Lanka: le président dissout le Parlement

Le président sri-lankais Mahinda Rajapaksa a dissous mardi le Parlement, ouvrant à la voie à de nouvelles élections législatives, a annoncé le gouvernement.

La commission électorale doit maintenant fixer une date pour le futur scrutin qui permettra de désigner les 225 parlementaires du pays, selon un haut responsable du gouvernement ayant requis l'anonymat.

Cette décision intervient au lendemain de l'arrestation du général Sarath Fonseka, adversaire de Mahinda Rajapaksa lors de la présidentielle du mois dernier. Des analystes politiques estiment que cette interpellation viserait à l'empêcher de contester la tenue du scrutin.

Les législatives devraient donner lieu à une nouvelle bataille rangée avec l'opposition, qui a appelé mardi à des manifestations dans tout le pays. Le parti du président Rajapaksa espère quant à lui s'assurer une majorité des deux tiers au parlement et asseoir sa mainmise sur le pouvoir.

Après l'arrestation du général Fonseka, les différents partis de l'opposition -des ultranationalistes marxistes cinghalais aux anciens séparatistes tamouls- se trouvent dans une position délicate. "Il semble que le gouvernement se prépare pour les prochaines élections parlementaires", a déclaré mardi Karu Jayasuriya, législateur de l'opposition, faisant référence aux nombreuses arrestations et au harcèlement visant l'opposition depuis la présidentielle du 26 janvier.

Cette élection avait été largement remportée par M. Rajapaksa, avec 17 points d'avance, selon les résultats officiels. L'opposition refuse toutefois d'accepter la défaite de Sarath Fonseka, ancien chef des armées, et entend porter plainte contre ce qu'elle a qualifié de fraudes massives lors du dépouillement.

Le général Fonseka a été interpellé lundi par la police militaire et sera jugé pour complot visant à renverser le gouvernement alors qu'il était chef des armées. MM. Fonseka et Rajapaksa avaient uni leurs forces pour venir à bout des séparatistes des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), après 25 ans de guerre civile. Mais les deux hommes se sont brouillés et le général Fonseka avait quitté son poste avant d'affronter le chef d'Etat sortant lors de la présidentielle de janvier.

Plus de 7.000 civils ont été tués dans les derniers mois des combats contre les rebelles tamouls au printemps dernier. Les organisations des droits de l'Homme ont accusé l'armée, alors menée par le général Fonseka, d'avoir pilonné des hôpitaux et des zones habitées par les civils. Elles ont par ailleurs accusé les rebelles tamouls d'avoir utilisé la population locale comme boucliers humains. AP

jp/hs/v/st

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