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Le journaliste dissident tunisien Taoufik ben Brik a été placé sous mandat de dépôt à la suite d'une plainte déposée par une femme qui l'accuse de "violences et insultes" et d'avoir endommagé sa voiture, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Il doit être jugé le 19 novembre prochain par la chambre correctionnelle de Tunis.
Selon un communiqué transmis par les autorités à l'Associated Press, le journaliste, qui a été déféré jeudi devant le procureur de la République, aurait reconnu avoir "agressé et insulté la victime". Cette dernière a produit les témoignages de deux personnes présentes lors des faits ainsi qu'un certificat médical lui prescrivant un repos de 15 jours et des photographies des dégâts occasionnés à sa voiture, ajoute le communiqué.
Le journaliste avait confié à ses avocats avoir été "victime d'une provocation", alors qu'à Paris Reporters sans frontières (RSF) dénonçait "une affaire montée de toutes pièces par les autorités pour inquiéter le journaliste connu pour ses articles critiques à l'égard du président Zine el Abidine ben Ali".
Me Néjib Chebbi n'écarte pas l'hypothèse que "des mobiles politiques" sous-tendent l'arrestation de son client, qui intervient à la suite de la publication par le journaliste d'une série d'articles virulents dans la presse française.
Reporters sans frontières (RSF) affirme dans un communiqué reçu à Paris vendredi que Taoufik ben Brik a été transféré à la prison de Mornaguia, située à 20km au nord de Tunis. Il risquerait jusqu'à 18 mois de prison ferme. Seule sa famille, pas ses avocats, serait autorisée à lui rendre visite.
Par ailleurs, les autorités ont réfuté vendredi l'agression dont un autre journaliste dissident, Slim Boukhdhir, aurait été victime.
Jeudi, plusieurs organisations dont RSF, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme, ont affirmé que le journaliste avait été enlevé devant chez lui par cinq hommes en civil et passé à tabac.
"Rien ne prouve les allégations faites par M. Boukhdhir, d'autant plus que ce dernier n'a déposé aucune plainte", rétorquent les autorités dans le communiqué. AP
xbb1/st
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