Contenu :
Le directeur de l'unité de recherche sur le climat (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, Phil Jones, qui s'est retrouvé au coeur d'une vive controverse après avoir été accusé avec d'autres personnes d'avoir supprimé des données sur le changement climatique, a quitté provisoirement ses fonctions, selon l'établissement.
L'université située à Norwich précise dans un communiqué publié mardi que Phil Jones n'exercera plus ses fonctions tant qu'une enquête indépendante sur l'affaire ne sera pas bouclée. Le responsable de la recherche à l'université, Trevor Davies, a indiqué que les investigations porteraient sur la sécurité des données et la réaction de l'université.
A l'origine de la polémique: plusieurs milliers de documents, dont des courriels de M. Jones et de collègues de celui-ci, mis en ligne sur Internet en novembre par des pirates informatiques. Phil Jones est accusé par des personnes qui contestent la thèse très largement admise d'un changement climatique induit par l'activité humaine, de manipuler des données pour étayer ses recherches.
Beaucoup évoquent en particulier un courriel diffusé en ligne dans lequel le scientifique écrit avoir utilisé une "astuce" pour "dissimuler le déclin" dans un tableau détaillant les températures mondiales récentes. M. Jones a démenti avoir manipulé des preuves et affirme que ses écrits ont été mal interprétés.
M. Davies a précisé que rien dans les documents volés ne permet de penser que les travaux de la CRU "ne sont pas de la plus haute qualité d'investigation et d'interprétation scientifiques". Mais la correspondance diffusée en ligne a été exploitée par des adversaires d'une limitation contraignante des émissions de gaz à effet de serre, qui voient dans ces mails la preuve d'un complot scientifique.
Aux Etats-Unis, le sénateur républicain de l'Oklahoma James Inhofe, qui met en doute le réchauffement climatique, a appelé mardi le Sénat américain à organiser des auditions sur ces courriels.
Et deux scientifiques éminents de l'administration de Barack Obama, le conseiller scientifique de la Maison Blanche John Holdren et la patronne de l'Administration nationale de l'atmosphère et des océans (NOAA) Jane Lubchenco, devaient être interrogés sur ces mails lors d'une audition mercredi devant une commission de la Chambre des représentants.
Trevor Davies a défendu Phil Jones et ses collègues, affirmant que la divulgation de leurs courriels est "le dernier exemple en date" d'une "campagne" visant à attaquer la climatologie. AP
lma/v124/cr
Copyright 2009 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistributed.
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :