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Les autorités françaises suivent "avec la plus grande attention" le cas de Gilles Moreaux, assurait-on mardi de source diplomatique. Ce Français, actuellement détenu au Mexique où il est accusé d'enlèvement, dit avoir été torturé après son interpellation en novembre dernier.
Le site de l'hebdomadaire "L'Express" a publié mardi une lettre adressée par Gilles Moreaux aux autorités mexicaines. Selon lexpress.fr, cet homme de 46 ans, originaire de Marseille, est accusé d'enlèvement par une ancienne amie, une Mexicaine "naguère associée en affaires avec lui" et qui "affirme avoir été séquestrée un an" avant son arrestation.
Dans la lettre publiée par le site de "L'Express", le Français, qui rappelle qu'il travaillait depuis près de huit ans au Mexique, dit avoir subi des actes de torture après son interpellation le 12 novembre dernier "par cinq personnes en civil qui se sont présentées comme des policiers" alors qu'il circulait en voiture. "Ces personnes m'ont emmené dans un endroit que je reconnais aujourd'hui comme étant la Direction d'investigation spécialisée en délinquance organisée (DIEDO)", raconte-t-il.
"C'est à cet endroit que, pendant plusieurs jours, les yeux bandés, ligoté, on m'a torturé en m'accusant d'avoir commis un kidnapping", raconte-t-il dans la lettre publiée par le site. "Pendant toutes ces journées, j'ai été régulièrement frappé à la tête, à la colonne vertébrale et aux jambes. On me déshabillait totalement et on me jetait des seaux d'eau froide puis on me frappait", ajoute-t-il, selon le texte publié par "L'Express".
"On m'a couché sur le dos sur un matelas, trois hommes se sont assis sur ma poitrine et sur mes jambes, on m'a mis un linge humide sur la tête. Pendant qu'un homme m'immobilisait la tête, un autre versait de l'eau dans mon nez et dans ma bouche, l'eau est entrée dans mes poumons. J'avais l'impression de me noyer", explique-t-il.
Le Français dit avoir été frappé et menacé jusqu'à ce que "submergé de tristesse et de douleur", il accepte finalement de signer une confession d'enlèvement: "je voulais seulement entendre une dernière fois la voix de mon fils". En détention provisoire à la prison d'Atlixco, il assure y avoir en revanche été traité avec "humanité".
Le 5 janvier dernier, l'ambassade de France à Mexico avait annoncé avoir fait part de "sa vive préoccupation aux autorités mexicaines" après avoir reçu "deux rapports médicaux faisant état de torture sur la personne de Gilles Francis Moreaux", transmis par son avocat.
Dans un communiqué, l'ambassade précisait avoir demandé sur cette base aux autorités mexicaines "que soit respectée l'intégrité physique et morale de M. Moreaux" et avoir "sollicité des éclaircissements sur les circonstances de son arrestation et des interrogatoires qu'il a subis".
De source diplomatique, on précisait mardi que le Français, qui a porté plainte pour torture et mauvais traitements, était "placé sous la protection consulaire de la France". Le consul lui "rend visite assez régulièrement" et est en contact avec les autorités judiciaires et pénitentiaires, ainsi qu'avec son avocat et sa famille. AP
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