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Suu Kyi "horrifiée" par la crise des Rohingyas, selon un conseiller

reuters.com  |   |  336  mots
Suu kyi horrifiee par la crise des rohingyas, selon un conseiller[reuters.com]
(Crédits : Soe Zeya Tun)

GENEVE (Reuters) - La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est horrifiée par la crise des réfugiés Rohingyas qui ont fui son pays pour gagner le Bangladesh et veut vraiment mettre fin à ce drame, a déclaré vendredi à Genève l'un de ses conseillers.

Les violences dans l'Etat birman de Rakhine (Arakan) ont poussé un demi-million de Rohingyas, des musulmans, à fuir au Bangladesh depuis la fin août et les Nations unies ont dénoncé une politique de "nettoyage ethnique".

Aung San Suu Kyi a été la cible de vives critiques, accusée d'indifférence face à cette crise.

"Elle est horrifiée par ce qu'elle a vu. Cela la préoccupe profondément. Je sais que cela n'apparaît pas toujours mais elle est vraiment préoccupée", a assuré son conseiller, qui a requis l'anonymat.

Lors d'une allocution télévisée jeudi soir, Suu Kyi a souligné l'importance de venir en aide à la population de l'Etat de Rakhine, ajoutant que les Rohingyas qui ont fui au Bangladesh pouvaient revenir en Birmanie.

Elle n'a pas évoqué les crimes imputés à l'armée birmane dans la lutte contre les insurgés musulmans et son conseiller a expliqué qu'elle devait être très prudente, les militaires ayant toujours une forte influence sur la vie politique birmane.

"Elle doit se garder de tout propos qui mettrait de l'huile sur le feu. Vous comprenez bien la position délicate dans laquelle se trouve actuellement le processus de transition démocratique en Birmanie", a-t-il expliqué.

Le chef d'état-major de l'armée birmane a contesté jeudi la réalité des chiffres de l'exode des Rohingyas. "Les Bengalis n'ont pas été amenés dans notre pays par la Birmanie, mais par les colonialistes (britanniques)", a dit le général Min Aung Hlaing. "Ils ne sont pas une population autochtone, et les archives démontrent même qu'on ne les appelait pas Rohingyas, mais simplement Bengalis à l'époque coloniale."

(Tom Miles; Guy Kerivel pour le service français)