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Blindés vus près de Harare, tension politique au Zimbabwe

reuters.com  |   |  487  mots
Au zimbabwe, l'armee semble se placer sur la scene politique[reuters.com]
(Crédits : Philimon Bulawayo)

par MacDonald Dzirutwe

HARARE (Reuters) - Des véhicules blindés ont été vus prenant la direction de Harare, mardi, au lendemain d'une sévère mise en garde du chef d'état-major de l'armée zimbabwéenne au parti du président Robert Mugabe.

Le général Constantino Chiwenga a adressé lundi un avertissement sans précédent au parti présidentiel, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, pour dénoncer l'éviction la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Il a prévenu que l'armée n'hésiterait pas à intervenir "s'il s'agit de protéger notre révolution".

La Zanu-PF a estimé mardi soir que la déclaration du général Chiwenga visait à perturber la paix et la stabilité, et qu'elle traduisait un "comportement de traîtrise".

La Zanu-PF a assuré en outre qu'elle ne céderait jamais aux pressions de l'armée.

Un journaliste de Reuters dit avoir vu deux véhicules blindés garés le long de la route reliant la localité de Chinhoyi et la capitale Harare, distantes de 20 km. Les chenilles de l'un des véhicules s'étaient défaites.

Un témoin dit avoir vu quant à lui quatre véhicules blindés sur cette route. Ils ont changé de direction avant d'atteindre Harare et se sont dirigés vers le complexe de la garde présidentielle, dans le quartier de Dzivarasekwa, à la lisière de la capitale, a-t-il ajouté.

"GÉNÉRATION 40"

Le calme régnait à Harare et aucun soldat n'était visible dans les rues. Robert Mugabe a présidé mardi un conseil des ministres.

Longtemps considéré comme le dauphin du président Mugabe, Emmerson Mnangagwa a été démis de ses fonctions pour "déloyauté" le lundi 6 novembre. La veille, l'épouse du président, Grace Mugabe, l'avait traité de comploteur, des propos qui ont ravivé les tensions au sein de la Zanu-PF.

"La purge actuelle (...) qui vise les membres du parti ayant été engagés dans la guerre d'indépendance doit cesser sur le champ", a dit lundi le général Chiwenga.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, est considéré comme ayant des liens étroits avec les militaires. Ancien ministre de la Défense, il a aussi dirigé les services secrets du Zimbabwe.

Son éviction laisse la voie libre à Grace Mugabe pour occuper un des deux sièges de vice-président et succéder à son mari, qui est âgé de 93 ans, que ce soit lors de l'élection présidentielle de 2018 ou à son décès.

Grace Mugabe, 52 ans, dont le vif tempérament et les goûts de luxe ne sont pas appréciés de tous au sein du parti et du gouvernement, jouit du soutien d'une frange plus jeune de membres du parti, la "Génération 40" ou "groupe G40".

(MacDonald Dzirutwe et James Macharia; Gilles Trequesser, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)