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Damas dénonce un bombardement de la coalition dans le Sud

reuters.com  |   |  600  mots
Damas critique un bombardement de la coalition dans le sud[reuters.com]
(Crédits : Omar Sanadiki)

BEYROUTH (Reuters) - La télévision d'Etat syrienne a rapporté vendredi qu'un bombardement aérien des forces de la coalition sous commandement américain la veille dans le sud de la Syrie avait touché "une de nos positions militaires".

Ce raid, effectué selon des responsables américains contre des miliciens soutenus par le régime syrien et l'Iran, qui étaient intervenus contre des rebelles appuyés par Washington, a fait plusieurs morts et des dégâts matériels, ajoute la télévision citant une source militaire.

Pareille attaque, dit-elle encore sans fournir de plus amples détails, nuit aux efforts déployés par l'armée syrienne et ses alliés pour combattre les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).

Ce raid, a dit un responsable américain sous le sceau de l'anonymat, a été lancé près de la ville d'At Tanf à la suite de tirs de sommation de l'armée de l'air américaine destinés à dissuader les miliciens de continuer leur progression.

Le chef des négociateurs du régime syrien qui participe à des pourparlers de paix cette semaine à Genève, Bachar al Djaafari, a qualifié ce raid de "terrorisme gouvernemental" de la part des Etats-Unis, responsables selon lui d'avoir commis un "massacre".

S'exprimant également à Genève, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a dénoncé une violation "inacceptable" de la souveraineté de la Syrie et jugé que "toute action militaire menant à une escalade de la situation avait des conséquences sur le processus politique".

TROISIÈME FRAPPE AMÉRICAINE

Il s'agit de la troisième frappe américaine contre des forces pro-gouvernementales syriennes depuis le début du conflit en 2011.

La première, près de Daïr az Zour, en septembre 2016 était le résultat d'une erreur d'évaluation. La deuxième, menée le 6 avril contre une base aérienne, a été ordonnée en représailles à l'utilisation d'armes chimiques par les forces pro-Assad contre des civils à Khan Cheikhoune.

Un porte-parole de la coalition internationale a dit que les avions de la coalition avaient visé jeudi des forces pro-régime dans le sud de la Syrie qui menaçaient la base de Tanf, où des membres des forces spéciales américaines sont stationnés.

Un responsable d'un groupe rebelle soutenu par Washington a dit lui aussi que des appareils de la coalition avaient pris pour cible un convoi de miliciens syriens soutenus par l'Iran, qui faisaient marche vers la base d'At Tanf.

Mouzahem al Saloum, de l'organisation Maghaouir al Thoura, a dit à Reuters que les avions étaient passés à l'attaque à la suite de combats entre rebelles et miliciens syriens et iraniens à 27 km de la base, le long de l'axe routier Damas-Bagdad.

Selon des sources proches des services de renseignement occidentaux, des hommes des forces spéciales américaines et britanniques agrandissent actuellement la base de Tanf, dans le but de chasser les djihadistes de l'EI de la province de Daïr az Zour, dans l'est de la Syrie.

Tanf se trouve dans une région appelée Badia, vaste territoire désertique qui s'étend le long des frontières jordanienne et irakienne, et dont le ministre syrien des Affaires étrangères a fait ce mois-ci une priorité militaire.

La progression des rebelles appuyés par Washington face aux djihadistes de l'EI, ces deux derniers mois dans la région de Badia, a alarmé le régime syrien et ses alliés.

(John Davison, avec Vladimir Soldatkin à Moscou et Tom Miles à Genève, Gilles Trequesser et Pierre Sérisier avec Eric Faye pour le service français)