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Pékin brandit le risque d'une guerre avec les Philippines, dit Duterte

reuters.com  |   |  378  mots
Pekin brandit le risque d'une guerre avec les philippines[reuters.com]
(Crédits : Damir Sagolj)

MANILLE (Reuters) - Le président philippin, Rodrigo Duterte, a déclaré vendredi que son homologue chinois, Xi Jinping, l'avait menacé d'un risque de conflit entre leurs pays si les Philippines décidaient d'appliquer l'arrêt de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye et entamaient des forages pétroliers en mer de Chine méridionale.

Duterte a précisé avoir rencontré Xi lundi à Pékin et avoir reçu à cette occasion une mise en garde amicale mais ferme.

Relatant sa conversation avec le chef de l'Etat chinois, Rodrigo Duterte a dit avoir expliqué à ce dernier que les Philippines avaient l'intention de procéder à des forages dans les zones qui relèveraient de leur souveraineté.

"Sa réponse a été : 'nous sommes amis, nous ne voulons pas de contentieux avec vous, nous voulons maintenir une relation chaleureuse, mais si vous nous y obligez nous ferons la guerre'", a raconté Duterte.

Depuis son arrivée au pouvoir, Rodrigo Duterte a plusieurs fois exprimé son admiration pour Xi Jinping mais a promis qu'il évoquerait la question de la décision de la Cour permanente d'arbitrage.

Avant cela, Duterte entend renforcer les relations entre les deux pays afin que les Philippines bénéficient des investissements et des prêts chinois dont les montants se chiffrent en milliards de dollars.

En juillet dernier, la CPA avait rejeté les revendications de Pékin en mer de Chine méridionale et donné gain de cause aux Philippines. La Chine revendique la quasi-totalité de cette zone maritime essentielle pour le transit des navires de commerce en Asie.

"Il n'y a aucun fondement juridique pour que la Chine revendique des droits historiques sur des ressources dans les zones maritimes à l'intérieur de la ligne en neuf traits", avait jugé la CPA, évoquant une carte de 1947 de cette zone riche en ressources énergétiques, minérales et halieutiques.

Pékin, qui avait boycotté les audiences à la CPA, a rejeté catégoriquement le jugement comme "nul et non avenu" qui, selon le gouvernement chinois, viole le droit international.

Quant à Xi Jinping, il avait souligné que la Chine n'acceptait pas ce jugement, tout en restant vouée à maintenir la paix et la stabilité dans la région.

(Manuel Mogato; Pierre Sérisier pour le service français)