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Erdogan tient tête à l'Otan dans l'affaire des missiles russes

reuters.com  |   |  319  mots
Erdogan tient tete a l'otan dans l'affaire des missiles russes[reuters.com]
(Crédits : Osman Orsal)

ANKARA (Reuters) - Le président turc a balayé mercredi les réserves de ses alliés de l'Otan au sujet du système de défense antimissile qu'Ankara a commandé à la Russie.

"Ils sont devenus fous à cause de l'accord sur les S-400. Qu'aurions-nous dû faire, vous attendre ? Nous prenons toutes les mesures nécessaires sur le front de la sécurité", a déclaré Recep Tayyip Erdogan, s'adressant indirectement aux dirigeants de l'Alliance atlantique, lors d'un discours à Ankara.

La Turquie, dont les relations avec les piliers de l'Otan n'ont cessé de se dégrader ces derniers mois en raison du conflit syrien et des vastes purges qui ont suivi le putsch manqué du 15 juillet 2016, dit avoir opté pour les missiles russes S-400 parce que les firmes occidentales ne lui ont pas fait d'offre "financièrement viable".

Du fait de sa situation géographique et de ses capacités militaires, qui la classent au deuxième rang de l'Otan en termes d'effectifs, son importance stratégique reste immense pour l'Alliance.

Recep Tayyip Erdogan reproche notamment aux Etats-Unis de soutenir les rebelles kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), qu'Ankara assimile aux séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Dans un communiqué, le Pentagone dit avoir fait part des inquiétudes américaines à Ankara au sujet de cette commande de S-400. "Un système de défense antimissile interopérable de l'Otan reste le meilleur choix pour mettre la Turquie à l'abri de toutes les menaces de sa région", ajoute un porte-parole.

La France exprime une attitude plus neutre.

"L'achat de ces équipements militaires par la Turquie relève d'un choix souverain qu'il n'appartient pas aux membres de l'Alliance atlantique de commenter", a quant à lui déclaré un représentant du ministère français des Affaires étrangères.

(Tuvan Gumrucku et Ece Toksabay avec Elizabeth Pineau à Paris; Jean-Philippe Lefief pour le service français)