Téléchargez
notre application
Ouvrir

Philippe entre en scène sur l'international

reuters.com  |   |  664  mots
Philippe entre en scene sur l'international[reuters.com]
(Crédits : Gonzalo Fuentes)

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Le déplacement d'Edouard Philippe à Berlin vendredi marque l'entrée officielle sur la scène internationale du Premier ministre qui doit permettre à la France de "démultiplier" sa présence à l'étranger face à une concurrence accrue, notamment dans les grands pays émergents.

"La politique étrangère c'est le président de la République qui la conduit, néanmoins on a besoin de se démultiplier", souligne-t-on au sein de l'exécutif. "Il y a un besoin de projection, d'incarnation de la France qui est beaucoup plus fort".

"Quand on voit des pays comme la Chine ou comme l'Inde, on sait qu'on a besoin de labourer en permanence ces pays, où les enjeux économiques et politiques sont majeurs", ajoute-t-on.

"On a besoin de visites de très haut niveau fréquentes. Le président peut y aller tous les deux ans mais il faut que le Premier ministre puisse y aller entre temps", ajoute-t-on.

En France, la constitution fait de la diplomatie un "domaine réservé" du chef de l'Etat - également chef des armées - qui est appelé à négocier et ratifier les traités et à conduire la délégation française lors de rencontres internationales ou européennes de premier plan.

Considéré comme novice sur le plan diplomatique, Emmanuel Macron a depuis son élection occupé la scène internationale en multipliant les initiatives, de "Make our planet great again" à l'accueil de Vladimir Poutine à Versailles, en passant par la rencontre des deux frères ennemis libyens en juillet dernier près de Paris.

L'ancien banquier d'affaires de 39 ans, qui a fait de la refonte de l'Union européenne un axe prioritaire de sa politique étrangère, a également enchaîné les déplacements dans les Etats membres de l'UE pour défendre sa vision de l'Europe.

"ARTICULATION SOUPLE"

Depuis sa nomination à la tête du gouvernement, Edouard Philippe a lui concentré son action sur la scène nationale, à l'exception d'une visite officielle fin juin en Estonie, à l'heure où l'Etat balte s'apprêtait à prendre la présidence du conseil de l'Union européenne.

Le chef du gouvernement a en revanche rencontré de nombreux présidents et Premiers ministres dans le cadre de visites d'Etat en France.

D'ici la fin de l'année, sa présence sur la scène internationale devrait s'intensifier. Après Berlin vendredi - une visite "à fort message politique" au cours de laquelle il rencontrera Angela Merkel -, il devrait se rendre en Italie et en Espagne, deux partenaires clefs de la France, pour évoquer les questions de lutte antiterroriste, de migration ou encore industrielles.

Le Premier ministre devrait également participer à des rencontres gouvernementales avec plusieurs pays du Maghreb à l'automne - Tunisie, Algérie, Maroc - et avec le Sénégal, avant d'entamer une nouvelle séquence en 2018 qui pourrait le conduire dans le Golfe ou encore en Chine ou en Inde.

Au-delà de ces déplacements, le Premier ministre joue avant tout un rôle de "coordinateur" au sein d'un gouvernement dont les membres sont de plus en plus appelés à traiter des questions internationales, souligne-t-on dans son entourage.

Dans les feuilles de route qui ont été transmises aux ministres, le volet international - que ce soit le soutien au commerce extérieur, l'attractivité des investissements ou les questions de migrations ou des infrastructures de transport - a donc sans surprise occupé une place importante.

Ce volet fait par ailleurs l'objet de réunions régulières à Matignon des conseillers diplomatiques des différents ministères, l'occasion de "refixer" les priorités du gouvernement et de l'Elysée.

L'articulation entre le président de la République et le Premier ministre sur les sujets diplomatiques se fait "de manière souple et utile", indique-t-on au sein de l'exécutif. "Mais ce n'est pas une innovation en soi, ça s'est toujours fait comme ça dans les précédents quinquennats, c'est une attente de nos partenaires à l'international".

(Edité par Yves Clarisse)