Contenu :
reuters.com - 15/12/2008 à 14:10 - 528 mots
PARIS (Reuters) - Les syndicats ont appelé lundi à une grève interprofessionnelle nationale pour le jeudi 29 janvier, un nouveau défi pour Nicolas Sarkozy confronté à la crise économique et à la grogne sociale.
Les syndicats CGT, CFDT, CFTC, Force ouvrière, FSU, Solidaires, Unsa et CFE-CGC en ont fait l'annonce au terme d'une réunion organisée au siège de FO, à Paris.
Dans un communiqué, les organisations syndicales appellent "à agir massivement et (à) interpeller les responsables gouvernementaux, les responsables patronaux et les employeurs" autour d'une série de revendications.
Parmi elles figurent "la défense de l'emploi privé et public" et "la lutte contre la précarité et les déréglementations économiques et sociales".
Les organisations syndicales demandent aussi "la défense du cadre collectif et solidaire de la protection sociale".
"C'est une inversion de tendance qu'il nous faut", a dit Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT.
"La journée du 29 janvier va permettre aux salariés, aux demandeurs d'emploi, aux retraités, de dire très clairement aux pouvoirs publics et aux entreprises privées et publiques : pas question de vous servir de la crise comme prétexte pour diminuer les salaires, pour nous empêcher d'avoir des progressions de carrière, pour nous contraindre à accepter de travailler plus et plus longtemps..."
"Se battre pour le pouvoir d'achat, c'est le meilleur moyen de créer des emplois et de se battre contre la récession", a estimé Maryse Dumas.
UNE TRÈS LARGE INTERSYNDICALE
Toutes les organisations syndicales se sont réjouies d'avoir trouvé un accord autour du moyen d'action et de la date.
"Ce n'est quand même pas si fréquent que tous les syndicats ensemble interpellent les pouvoirs publics", a déclaré à la presse Jean Grosset secrétaire général adjoint de l'Unsa. "On sait ce que l'on veut et cette intersyndicale porte la possibilité d'une grande mobilisation."
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault avait proposé la veille une date début janvier, mais le premier syndicat de France a dû reculer.
"Evidemment que le 29 janvier vis-à-vis du calendrier (que la CGT proposait, ndlr) nous apparaît un peu tard. Mais mieux vaut tard que jamais", a dit Maryse Dumas.
Selon Michèle Biaggi, secrétaire confédérale de Force Ouvrière, "cela laisse le temps de savoir ce que nous allons faire pour amplifier la mobilisation."
Gérard Labrune (CFE-CGC) a pour sa part souligné que les syndicats se réuniraient à nouveau le 5 janvier pour formuler une plateforme commune de propositions avant cette journée de mobilisation.
"Il est important qu'il n'y ait pas seulement des revendications mais aussi des propositions", a-t-il estimé. "Il ne sera pas dit que nous nous serons lancés dans une manifestation aussi vaste sans avoir fait le maximum pour proposer des choses au gouvernement."
La CFDT a souligné que le 29 janvier "laissait le temps de voir ce qui allait se passer".
"Nous avons encore du temps devant nous pour nous mettre d'accord sur ce que nous attendons de l'Etat en terme de service public, de qualité des emplois, de modalités de relance", a dit son secrétaire national Marcel Grignard.
Le recul de Xavier Darcos sur la réforme du lycée a en tout cas donné beaucoup d'espoirs aux organisations de salariés: "Ça encourage dans l'idée qu'il faut se mobiliser", a lancé dans un sourire le secrétaire national de la FSU Gérard Aschieri.
Clément Guillou, édité par Yves Clarisse
© 2008 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.
| Culture & Loisirs |
Pied de page :