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Charles Pasqua cerné par les juges à 82 ans

PARIS (Reuters) - Figure de la droite française et ancien allié de Nicolas Sarkozy dans les Hauts-de-Seine, l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua est de plus en plus menacé par les poursuites judiciaires, après sa condamnation au procès "Angolagate".

Frappé d'un an de prison ferme, il reste libre car il a fait appel et bénéficie pour l'instant de son immunité de sénateur.

L'ex-ministre de l'Intérieur (1986-1988 et 1993-1995), 82 ans, a été élu à la haute assemblée en 2004 avec l'appui de l'UMP, juste après avoir laissé le contrôle du conseil général des Hauts-de-Seine à Nicolas Sarkozy.

Cet ancien résistant, devenu représentant de commerce, puis homme de l'ombre du parti gaulliste avec sa place au Service d'action civique (SAC), sorte de milice dissoute dans les années 80, a été l'homme de confiance de Jacques Chirac dans les années 1970-1980 avant de s'en éloigner et de créer son parti.

C'est la première fois qu'est prononcée une peine de prison ferme contre lui, et d'autres affaires l'attendent. En avril, il sera jugé devant la Cour de justice de la République (CJR) pour corruption dans trois dossiers remontant aux années 1990, et il encourra jusqu'à dix ans de prison.

Les dossiers visent un pot-de-vin de 790.000 euros versé par Alstom en 1994 en échange de l'autorisation administrative de déplacer son siège, d'autres paiements liés à une autorisation pour un casino à Annemasse (Savoie) et de la Sofremi, une société publique exportant des armes.

Le mois dernier, la cour d'appel de Paris l'a par ailleurs condamné à 18 mois de prison avec sursis pour financement illégal de campagne électorale en 1999 en raison d'un prêt illicite consenti par des hommes d'affaires corses auxquels il avait attribué l'exploitation du casino d'Annemasse. Il s'est pourvu en cassation.

Enfin, un juge d'instruction doit statuer prochainement sur son éventuel renvoi en correctionnelle dans l'enquête sur le programme de l'Onu "pétrole contre nourriture".

Le dossier concerne des pots-de-vin dont auraient bénéficié des personnalités françaises de la part du régime irakien, sous Saddam Hussein. Il est mis en examen pour trafic d'influence, mais le parquet a requis un non-lieu.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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