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Delanoë évoque un éventuel retrait de plainte au procès Chirac

PARIS (Reuters) - Le maire de Paris Bertrand Delanoë laisse entendre qu'il pourrait retirer la constitution de partie civile de la Ville de Paris au procès de Jacques Chirac si l'UMP remboursait les fonds qui auraient été détournés.

L'ancien président doit être jugé l'année prochaine au tribunal correctionnel de Paris pour "détournement de fonds publics" avec neuf autres prévenus pour 21 emplois présumés fictifs de chargés de mission à son cabinet de maire de la capitale entre 1992 et 1995.

Interrogé sur Radio J, Bertrand Delanoë, qui ne s'était pas encore exprimé sur ce dossier, a évoqué un autre procès où l'ancien adjoint aux Finances de la Ville, Alain Juppé, a été condamné à un an d'inéligibilité pour d'autres emplois fictifs, ce qui a amené l'UMP à rembourser les fonds détournés.

"Si cela était fait, si c'était effacé, je préférerais pour tout le monde, parce que moi je n'en veux pas particulièrement à Jacques Chirac, mais j'ai un devoir vis-à-vis de Parisiens, la vérité et l'éventuelle réparation", a-t-il dit.

"J'ai du respect pour Jacques Chirac avec lequel j'ai de bonnes relations. Je regrette que les circonstances qu'il a voulues (...) fassent qu'en ce moment où je lui souhaite de la sérénité, d'être tranquille, fassent qu'il se retrouve pris par cette affaire", a-t-il ajouté.

La facture des emplois fictifs présumés retenus dans le renvoi de Jacques Chirac - d'autres étant présumés mais prescrits - est chiffrée à 3,5 millions d'euros dans l'ordonnance de renvoi. La facture globale serait de cinq millions d'euros, selon la municipalité.

L'ancien président nie que les emplois aient été fictifs et entend plaider la relaxe à son procès. Il n'a donc jusqu'ici jamais été question d'un remboursement ni par l'UMP, ni par aucun des bénéficiaires des emplois en question, à l'exception notable du syndicat FO, qui a reversé à la Ville les salaires du chauffeur de son dirigeant Marc Blondel qu'elle avait pris en charge.

Un éventuel retrait de plainte ne mettrait pas fin à l'affaire. Le tribunal statuerait alors sans plaignant ni accusation car le parquet a requis déjà un non-lieu.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Stéphane Brosse

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