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20/07/2012, 23:08 - 312 mots
par Suleiman Al-Khalidi
BAB AL HAOUA, Syrie (Reuters) - Sous l'oeil approbateur de combattants rebelles, des villageois syriens se sont emparés vendredi de cartons de bière ou de whisky dans l'enceinte calcinée du magasin duty-free de Bab al Haoua, à la frontière turque.
"C'est l'argent du peuple, il le reprend", commente Ismaïl, un des insurgés, au lendemain de la prise par les rebelles de ce poste-frontière.
En Syrie, les boutiques de produits détaxés appartiennent à l'homme d'affaires Rami Makhlouf, cousin du président Bachar al Assad. Pour les villageois sunnites révoltés par un profond sentiment d'injustice et de colère contre la richesse du clan Assad, ce pillage a valeur de symbole.
Des jeunes gens arrivent en scooter des localités voisines pour vider le magasin et son entrepôt, dont les murs sont couverts de graffiti anti-Assad.
Certains rebelles détruisent des bouteilles d'alcool par respect pour leurs principes islamiques, d'autres approuvent. "C'est à vous, prenez-le", lance Sameh, un combattant de 23 ans, en offrant un carton de douze bouteilles de whisky à des habitants qui refusent poliment.
Parmi les dizaines d'hommes en armes présents à Bab al Haoua, seuls quelques-uns ont pris des positions défensives.
Les insurgés promettent de résister à toute contre-attaque des forces gouvernementales et affirment contrôler la majeure partie du territoire qui s'étire jusqu'à la ville d'Idlib, 30 km plus au sud.
"L'armée n'est présente que dans certaines casernes", assure Sameh.
"Nous serons là jusqu'à ce que nous ayons détruit ce régime tyrannique", renchérit Ibrahim, vêtu d'un blue jean et d'une chemise à carreaux bleus.
Les forces pro-Assad sont invisibles, même si l'on peut entendre des coups de feu dans le lointain. Selon les rebelles, les chars de l'armée ne sont qu'à deux ou trois kilomètres.
S'ils ne sont pas toujours bien équipés - Sameh déclare que certaines kalachnikovs ne fonctionnent pas - tous se disent déterminés. "On ne les laissera pas revenir", assure Abdoulatif.
Avec Dominic Evans; Jean-Stéphane Brosse pour le service français