Contenu :

Cinq morts dans un accident de bus en... Lettres de menaces à des...

Echange d'amabilités en marge du procès Clearstream

PARIS (Reuters) - Des proches de Nicolas Sarkozy et l'avocat de Dominique de Villepin ont échangé mardi invectives et moqueries en marge du procès de l'affaire Clearstream où ils s'affrontent à Paris.

Pierre Charon, qui est conseiller du président français et partie civile avec lui dans le procès des faux listings de la société Clearstream, une manipulation destinée à leur nuire, a raillé l'intervention de l'ex-Premier ministre lundi.

"J'étais quand même consterné de voir Dominique Galouzeau de Villepin flangardé (sic) de sa femme et de ses trois enfants insulter le président de la République et confondre le Club Méditerranée, dont il est un adepte, avec la 11e chambre correctionnelle. Il ne manquait plus que les palmes et la planche à voile", a dit mardi Pierre Charon sur RTL.

Me Olivier Metzner, avocat de Dominique de Villepin, lui a répondu à son arrivée au procès. "Je ne savais pas que M. Charon était GO au Club Med, je l'apprends. Il le connaît sans doute mieux que M. de Villepin", a-t-il dit à la presse.

Le nom de Pierre Charon figurait avec celui de l'actuel chef de l'Etat sur les fausses listes de comptes bancaires de Clearstream envoyées en 2004 à un magistrat.

Dominique de Villepin est accusé d'avoir été au courant de la manipulation, selon le parquet, ou d'en avoir été l'instigateur, selon l'instruction.

Principal prévenu, l'ancien Premier ministre avait ouvert les hostilités lundi en faisant une déclaration solennelle devant la presse avant l'ouverture du procès, en présence de sa femme et de ses trois enfants, où il s'est présenté en victime de "l'acharnement" de Nicolas Sarkozy.

VILLEPIN, UN "CHIPPENDALE" ?

"Ce n'est pas l'élection d'un Chippendale dont il s'agit", a ajouté Pierre Charon sur RTL.

"On peut être beau, grand et arrogant et perdre (...) Je suis très remonté contre ces Pieds Nickelés de la falsification de listings qui ont tenté de modifier l'histoire de France en empêchant un candidat de devenir président de la République".

Il a appelé de ses voeux des "peines sévères" pour ce qu'il voit comme "le plus grand scandale de la Ve République".

Me Metzner voit ces propos comme "excessifs, dérisoires et inaudibles".

Sur le fond, l'avocat a défendu le droit de son client à s'adresser à l'opinion publique, en rappelant que le chef de l'Etat l'avait fait aussi par des déclarations à des journalistes sur l'affaire au début septembre, où il fustigeait les "combines" imputées à son rival.

Le procureur de Paris s'est aussi exprimé sur l'affaire en retenant d'emblée la culpabilité de Dominique de Villepin, lors d'un entretien à une radio, a-t-il souligné.

Le président français, actuellement en déplacement aux Etats-Unis, se tient informé de l'évolution de l'audience par téléphone, notamment grâce à son avocat Thierry Herzog, dit-on de source judiciaire.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, un de ses proches amis, est aussi partie civile, représenté au procès par un avocat. Enfin, son conseiller pour les affaires de justice, Patrick Ouart, est resté à Paris et l'informe en temps réel des évolutions de l'affaire, croit savoir le quotidien Le Monde.

Patrick Ouart a ainsi envoyé un texto sur le portable du président lundi, avec ce message, "1-0", rapporte le quotidien dans son édition de mercredi. Il s'agissait apparemment de se féliciter du fait que le tribunal ait repoussé au jugement final sa réponse sur la demande de la défense de Dominique de Villepin de déclarer irrecevable la partie civile du chef de l'Etat.

Me Thierry Herzog pourra donc participer au procès. Lundi soir et mardi matin, il est intervenu dans de nombreux médias en déclarant que l'intervention de Dominique de Villepin faisait injure aux magistrats.

(Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse)

© 2009 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.

CAC 40 : 3047,94 +0,32%
Recherche valeurs :
Dernière Minute

Pied de page :