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PARIS (Reuters) - La perspective d'une possible alliance entre le français PSA Peugeot Citroën et l'américain General Motors suscite mercredi l'enthousiasme en Bourse mais aussi l'inquiétude sur le front de l'emploi, les usines européennes des deux constructeurs souffrant de surcapacités.
PSA a annoncé mardi soir étudier un projet d'alliance, sans plus de précisions sur l'identité de son partenaire potentiel. Mais des sources ont déclaré à Reuters qu'il s'agissait de l'américain General Motors, confirmant des informations de presse.
Ces sources évoquent un partenariat entre les deux groupes et non une fusion, mais ont néanmoins indiqué qu'une participation croisée "symbolique" entre les deux groupes serait possible.
La réaction du marché a été sans équivoque mercredi matin, le titre PSA signant de loin la plus forte hausse du CAC 40 avec un bond de plus de 10%. A 10h22, l'action prenait 14% à 16,44 euros.
"Une alliance pourrait permettre à ces deux groupes de fortes synergies et d'économies d'échelle, ne serait-ce que sur les investissements et la recherche et développement", indique le courtier CM-CIC Securities dans une note de recherche.
Pour l'intermédiaire, "la création d'une alliance est fortement attendue par le marché et devrait être accueillie positivement. GM-PSA pourrait être le nouveau Fiat-Chrysler", pronostique la société de Bourse.
Selon certains observateurs, l'enjeu principal pour les deux entreprises serait de résoudre leur problème de surcapacité en Europe à un moment où la campagne présidentielle attise les inquiétudes sur l'emploi industriel.
"EMPLOI, EMPLOI, EMPLOI"
Outre les synergies sur les achats, le marketing ou les investissements futurs, le but d'une alliance en Europe pourrait être de coopérer pour couper les capacités en Europe et donc possiblement fermer des usines.
"Il y a malheureusement trop de capacité de production en Europe", juge un banquier d'affaires, pour qui le but d'une alliance pourrait être pour les deux groupes de coordonner de manière intelligente la fermeture d'unités de production.
"Tous les deals européens dans le secteur ont du sens pour gérer la surcapacité", a ajouté un autre banquier basé à Paris.
Cette question de la surcapacité industrielle inquiète les pouvoir publics et le gouvernement français a d'ores et déjà indiqué par la voix de son ministre du Travail qu'il serait vigilant concernant l'emploi si une alliance était nouée.
"Emploi, emploi, emploi... Vous me permettrez d'être exigeant sur ce point", a commenté Xavier Bertrand sur Europe 1, jugeant qu'un rapprochement entre groupes permettrait à PSA de changer de taille.
"S'il y a accord, ça permet déjà d'avoir une taille sur un marché mondial, parce que PSA est avant tout un champion européen, un champion national", a-t-il expliqué.
PSA et Opel, la filiale européenne de GM, doivent chacun procéder à d'importantes restructurations pour tenter de redevenir bénéficiaires dans un contexte de marché automobile difficile, de surcapacités industrielles et de très rude concurrence sur les prix.
Julien Ponthus, Elizabeth Pineau, Gilles Guillaume et Laurence Frost, édité par Dominique Rodriguez
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