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Entre 21 et 40% de grévistes à La Poste

PARIS (Reuters) - Entre 21% et 40% des personnels de La Poste sont en grève mardi à l'occasion d'une journée de mobilisation nationale contre le changement de statut de l'entreprise publique.

Cinq syndicats (CGT, Sud, CFTC, FO, CFDT) ont appelé à cesser le travail pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une privatisation rampante.

La Poste sera transformée en société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2010 en vue de l'ouverture du marché postal à la concurrence en janvier 2011.

Selon la direction du groupe postal, la grève était suivie mardi à 10h30 par 21,15% du personnel. Le syndicat Sud-PTT fait état quant à lui de 35% à 40% de grévistes.

En septembre 2008, lors d'un précédent mouvement national, 24,70% des personnels étaient en grève à la mi-journée, a précisé une porte-parole de La Poste. Le taux de grévistes avait été de 27% pour la journée.

Sur environ 11.000 bureaux de poste, 213 étaient fermés mardi, mais La Poste dit avoir tout mis en oeuvre pour que l'ensemble des services soient assurés, y compris la distribution du courrier.

Des défilés ont eu lieu, dont un rassemblant plusieurs milliers de personnes aux abords du siège national de La Poste, boulevard de Vaugirard à Paris. "Il y a un choix politique qui ne se justifie pas par une réalité économique", a déclaré à la presse Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

A Marseille, un millier de personnes ont défilé entre la direction régionale du groupe et la préfecture, où une délégation a été reçue.

Pour la CFDT, la mobilisation "significative" des postiers, au lendemain d'une grève à Paris, témoigne de leurs inquiétudes.

"Les postiers se mobilisent sur d'autres questions : l'avenir, l'emploi, les conditions de travail", a dit à Reuters Alain Barrault, secrétaire fédéral de la Fédération conseil, culture et communication de la CFDT.

"Depuis des années, on voit des réorganisations sans arrêt, les gens voient des baisses de trafic sensibles et cela génère des inquiétudes car on sait d'avance que cela amènera d'autres réorganisations", a-t-il souligné.

"PAS QUESTION DE PRIVATISER"

L'Unsa-Postes et la CGC Groupe La Poste, qui n'ont pas appelé à la grève, disent dans un communiqué qu'elles demanderont des modifications au texte de loi de changement de statut "pour le rendre acceptable par l'ensemble des postiers".

Lundi, le mouvement de grève organisé à Paris a été suivi par 17,29% du personnel et cinq des 185 bureaux de la capitale ont fermé, selon le groupe La Poste.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, assure que la transformation de La Poste en société anonyme n'est pas la privatisation que dénoncent les syndicats.

"Il n'est pas question de privatiser. Les acteurs qui entrent dans le capital seront des acteurs publics", a-t-elle déclaré sur France Inter. "C'est une institution importante. Ce qui est déterminant, ce sont les missions de service public".

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, lui a fait écho. "A aucun moment nous ne laisserons quelque participation privée s'introduire dans le capital. Les personnels conserveront leur statut public", dit-il dans un entretien au Monde de mercredi.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a dit ne pas croire le gouvernement. Elle a participé mardi à une manifestation de postiers à Angoulême (Charente).

"Nous pensons nous aussi qu'il faut s'opposer à cette privatisation de La Poste qui risque de remettre en cause des choses essentielles pour les Français", a-t-elle déclaré à la presse.

"On sait aujourd'hui qu'il (Nicolas Sarkozy, NDLR) ne tient pas ses promesses. Sur La Poste, nous n'avons pas confiance", a ajouté la dirigeante socialiste.

Le projet de loi transformant La Poste en société anonyme sera examiné cet automne au Parlement.

Ce texte doit permettre une augmentation de capital de 2,7 milliards d'euros - 1,2 milliard directement et 1,5 milliard via la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

La Poste employait 295.742 salariés fin 2008 et comptait 11.330 bureaux et 5.600 "points de contact".

Le groupe postal a enregistré un repli de 19% de ses profits au cours des six premiers mois de l'année, avec un chiffre d'affaires en baisse de 2%.

Elizabeth Pineau, avec les correspondants de Reuters, édité par Yves Clarisse

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