15 281 Pts
-0,09 %
14 612 Pts (c)
+0,89 %
|
17/06/2012, 16:54 - 428 mots
par Patrick Graham
WROCLAW, Pologne (Reuters) - Les Polonais ont toujours habitué le monde à perdre en se battant jusqu'au dernier souffle et samedi soir, lorsque la sélection de Franciszek Smuda a été éliminée sans gloire de "son" Euro dès le premier tour, l'effet de surprise fut grand.
Ce qui a peut-être fait le plus mal au peuple polonais lors de ce dernier match du groupe A, plus que la défaite face à la République tchèque (1-0), aura été la manière de s'incliner sans même prendre les armes.
Car si quatre jours plus tôt la Pologne avait fait montre d'un immense courage en arrachant un match nul face aux Russes (1-1), la résignation avec laquelle elle s'est laissée dominer par les Tchèques a déplu.
Les locaux ont fait flamber un feu de paille pendant un quart d'heure, multipliant les occasions, avant de recevoir des seaux d'eau sur la tête pendant tout le reste de la partie et de finalement boire la tasse.
"Smuda et ses joueurs avaient dit que cette rencontre serait la plus importante de leur vie. Ce n'est pas ce que nous avons constaté sur le terrain", pouvait-on lire dimanche dans l'éditorial du quotidien de référence polonais Gazeta Wyborcza.
"Si les joueurs de Smuda avaient livré un combat acharné et plein d'émotions contre les Tchèques mais en s'inclinant à la fin, nous les aurions salués, acclamés et applaudis, dans une sorte de communion dans la souffrance."
Dans la même veine que ce billet empreint de regrets et de frustration, un responsable politique de gauche, Andrzj Rozenek, a déclaré à la télévision polonaise TVN juste à l'issue de la rencontre qu'il avait eu l'impression d'assister à "un match peu enthousiasmant", voire insipide.
"PRENDRE EXEMPLE SUR LES MEILLEURS"
"Après chaque défaite, je me fais toujours la promesse de ne plus croire en les chances de victoire de notre sélection", a-t-il ajouté, un brin amer.
Comme si l'élimination de son Euro ne suffisait pas, Franciszek Smuda a ajouté au malheur national en annonçant dans la foulée qu'il ne prolongerait pas son contrat de sélectionneur et le capitaine Jakub Blaszczykowski est sorti de ses gonds, à propos d'un autre sujet, plus profond.
Le joueur du Borussia Dortmund a notamment piqué une colère contre ses coéquipiers, qui selon lui étaient plus préoccupés avant la rencontre par le nombre de places qu'ils récupéreraient pour inviter leurs proches.
Avec des mots très durs aussi envers sa fédération, il a fini par lâcher une petite bombe.
"Si nous voulons vraiment nous diriger vers le professionnalisme, il va falloir que nous prenions exemple sur les meilleurs", a-t-il dit à l'adresse de ses dirigeants.
(Olivier Guillemain pour le service français)