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Grande manifestation au Caire contre les dirigeants militaires

Source : reuters.com - 10/02/2012 | 19:13 - 449 mots  | 
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par Dina Zayed et Mohamed Abdellah

LE CAIRE (Reuters) - Plusieurs milliers d'Egyptiens ont manifesté vendredi en direction du ministère de la Défense au Caire afin d'exiger un transfert du pouvoir des militaires aux civils, à la veille du premier anniversaire du renversement de l'ancien dirigeant Hosni Moubarak.

Un an après la remise du pouvoir à un conseil militaire, les troubles politiques ne se sont guère apaisés en Egypte.

Les dirigeants militaires sont encore plus critiqués depuis les violences à Port-Saïd, qui ont fait au moins 74 morts le 1er février en marge d'un match de football.

Les Frères musulmans, qui ne participaient pas à la manifestation de vendredi, réclament également que l'armée transfère le pouvoir à un gouvernement d'union.

"Le peuple veut la chute du maréchal", scandaient vendredi les manifestants dans les rues du Caire, en référence au maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le conseil militaire au pouvoir.

"Nous sommes ici pour dire à Tantaoui et au conseil militaire de céder le pouvoir. Il s'agit d'une marche pacifique, qui le restera", a affirmé Sara Kamel, qui participait à ce rassemblement.

"Depuis que les généraux sont arrivés au pouvoir, ils n'ont rien fait pour l'Egypte et veulent perpétuer l'héritage de Moubarak."

RUES BARRÉES PAR L'ARMÉE

Les autorités religieuses du pays ont de leur côté appelé les syndicats et les associations de jeunesse à ne pas lancer les grèves en série qu'ils prévoient d'observer pour pousser au départ le Conseil suprême des forces armées et ce, afin de faire preuve de devoir civique en ne pénalisant pas l'économie.

Les jeunes militants ont toutefois ignoré ces appels, scandant "désobéissance civile légitime, désobéissance civile contre la pauvreté et la faim".

Des soldats bloquaient les rues menant au ministère, dont l'un des murs, fraîchement repeint pour dissimuler des graffitis hostiles au pouvoir, arbore désormais une inscription "Félicitations pour la nouvelle peinture. A bas le régime militaire."

Les militaires ont également déployé des fantassins et des chars supplémentaires autour de divers édifices publics et administrations, en prévision des grèves, qui semblent diviser le pays entre les jeunes et les réformistes d'un côté, et l'armée et les religieux de l'autre.

A Alexandrie, plusieurs centaines de manifestants sont également mobilisés.

Depuis les émeutes meurtrières de Port-Saïd, les Frères musulmans demandent le départ du gouvernement soutenu par l'armée et dirigé par le Premier ministre Kamal al Ganzouri.

"Le gouvernement ne parvient pas à diriger le pays. Dans n'importe quel pays du monde, un tel désastre obligerait le gouvernement à démissionner", a estimé Mahmoud Ghozlan, porte-parole des Frères musulmans.

Une source militaire citée par l'agence nationale de presse a démenti toute intention du Conseil suprême de limoger le gouvernement, et assuré qu'il resterait en fonction jusqu'à l'élection d'un nouveau chef d'Etat.

Avec Saad el Hoseiny et Marwa Awad, Gregory Schwartz pour le service français

Source : reuters.com - 10/02/2012 | 19:13 - 449 mots  | 
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