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29/07/2012, 01:17 - 469 mots
par Terry Wade
LIMA (Reuters) - Le président péruvien Ollanta Humala s'est engagé samedi à accroître les dépenses sociales en faveur des populations les plus pauvres qui ne touchent pas les fruits de l'expansion économique.
Face au mouvement de colère suscité par un projet minier qui l'a déjà conduit à changer de Premier ministre, le président péruvien a réaffirmé son objectif de ramener la pauvreté sous la barre des 15% de la population d'ici la fin de son mandat, en 2016.
Le taux de pauvreté, réduit de moitié au cours des dix dernières années, est actuellement de 27% au niveau national, mais atteint jusqu'à 60% de la population dans les provinces les plus reculées du pays.
De nombreuses communautés rurales n'ont pas tiré profit de la croissance économique du Pérou, portée d'abord par les exportations de minerais puis par les investissements publics et l'accroissement de la consommation intérieure.
"Nous avons accompli des progrès significatifs en matière de partage de la croissance, mais nous devons admettre que nous n'avons pas réalisé tout ce que nous proposions", a dit Humala dans son discours annuel devant le Congrès à l'occasion de la Fête de l'indépendance.
Un an après son investiture, Humala a créé une pension de retraite minimale pour les personnes âgées et un système de bourses pour les étudiants. En un an de présidence, il a également augmenté le budget des programmes à destination des familles démunies.
Samedi soir, il s'est fixé pour objectif de doubler le nombre de personnes bénéficiant des allocations sociales d'Etat.
"EN FINIR AVEC LA CULTURE DU CONFLIT"
Mais sa cote de popularité a reculé, tombant à 40% ce mois-ci, en raison de la répression sévère qui s'est abattue sur les manifestants hostiles à un projet d'exploitation minière dans la région de Cajamarca (nord), où cinq personnes ont été tuées.
Le projet Conga, auquel participe le groupe américain Newmont Mining, porte sur 5 milliards de dollars.
Afin d'apaiser le mouvement social, Humala a remanié cette semaine son gouvernement, limogeant son Premier ministre Oscar Valdes, issu de l'armée, et le remplaçant par Juan Jimenez, jusque-là ministre de la Justice et connu pour son engagement en faveur des droits de l'homme.
"Les conflits actuels préoccupent tous les Péruviens", a-t-il dit samedi. "Nous devons en finir avec notre culture du conflit."
L'office national des droits de l'homme recense plus de 250 litiges en cours liés à l'exploitation des ressources naturelles.
Humala, qui a commencé sa carrière politique dans la gauche radicale, est aujourd'hui accusé d'avoir dévié vers le centre et d'avoir trop rapidement envoyé la troupe contre les manifestants de Cajamarca. Il a réclamé pour sa part aux compagnies minières, qui envisagent d'investir 50 milliards de dollars au Pérou dans les dix à venir, d'accorder plus d'attention aux craintes et aux revendications des communautés rurales, qui s'inquiètent notamment de la pollution et de la raréfaction de l'accès à l'eau.
Henri-Pierre André pour le service français