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JO: Brian Joubert cherche la bonne combinaison

par Sophie Greuil

PARIS (Reuters) - Pour rejoindre Alain Calmat et Philippe Candeloro au panthéon des patineurs français les plus titrés, Brian Joubert cherchera à décrocher une médaille olympique à Vancouver, la seule consécration internationale manquant à son palmarès.

Aux championnats d'Europe le mois dernier, dernière sortie avant les Jeux, sa médaille de bronze a pris des airs de contre-performance pour de nombreux observateurs.

Après un programme court prometteur, le patineur a avoué s'être lancé dans le programme libre "à reculons", sans la moindre combinaison alliant quadruple et triple sauts.

Joubert, dont on oublie parfois qu'il n'est âgé que de 25 ans, invoqua alors en guise d'explications son accident de fin novembre: une entaille au coup de pied droit qui avait nécessité une légère opération et l'avait contraint à une parenthèse dans son programme d'entraînement.

"Physiquement, je n'étais pas à 100%, trop court. D'ici Vancouver, ma condition physique reviendra", avait-il alors promis à l'aube de sa troisième participation olympique.

Aux Jeux de Salt Lake City, en 2002, Brian Joubert avait pris la 14e place avant de terminer 6e en 2006 à Turin, alors qu'il figurait parmi les favoris.

Une fragilité sur la scène olympique qui tranche avec sa régularité lors des autres compétitions internationales puisque, depuis 2001, il est toujours monté sur le podium, décrochant au passage trois titres de champion d'Europe (2004, 2007 et 2009) et un titre de champion du monde (2007).

Patineur puissant doté d'une amplitude exceptionnelle et d'une vitesse inouïe, le Poitevin s'était révélé, à l'âge de 16 ans, en devenant le premier Français à réussir la combinaison quadruple boucle piqué-triple boucle piqué.

ABLATION D'UN REIN

Une prouesse qui avait alors suscité l'hommage d'Alain Calmat, vice-champion olympique en 1964: "Brian est la pureté de la glisse, des sauts, de la carre. Il symbolise le patinage."

Mais ces débuts prometteurs ont charrié leur lot d'attentes et d'espoirs parfois lourds à porter pour le patineur.

A la pression inhérente à son rôle de chef de file du patinage français se sont ajoutées les critiques de ceux qui voient en lui "un patineur peu artistique".

Depuis 2002, Brian Joubert s'est cherché, cumulant les entraîneurs: Véronique Guyon à ses débuts, Andrei Berezintsev, Jean-Christophe Simond puis, aujourd'hui, Laurent Depouilly, avec lequel il a signé un deuxième contrat. Sans compter les conseils de Didier Gailhaguet, actuel président de la Fédération.

Compagnon fidèle, Alain Giletti, champion du monde en 1960, continue de lui préparer ses lames.

Brian Joubert peut aussi compter sur un soutien familial sans faille, à commencer par sa mère Raymonde, qui le surnomme "Baboo".

Elle veille sur lui comme aux premières heures, quand il dut subir, à l'âge de six mois, l'ablation d'un rein. "A cause de cette ablation, ma mère n'a jamais voulu que je fasse du hockey sur glace, trop dangereux. Ce fut donc le patinage", raconte-t-il.

Son père, conducteur d'engins, préfère rester dans l'ombre.

"Pendant mes dix premières années de patinage, mes parents ont fait beaucoup de sacrifices pour payer mes stages, mes patins, mes tenues, mes déplacements", se souvient Brian.

"Pour s'assurer de ma réussite, ils ne partaient pas en vacances. Bien travailler a toujours été mon moteur, le premier et le meilleur moyen de les remercier."

Le mardi 16 février, Brian Joubert, qui n'a pas exécuté un seul programme libre sans fautes depuis 2007, s'élancera dans le programme court de Vancouver avec appétit.

Avec, en tête, l'obsession de succéder à Philippe Candeloro, dernier Français à être monté sur un podium olympique avec deux médailles de bronze en 1994 et en 1998.

Edité par Clément Dossin

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