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par Jonathan Lynn
GENEVE (Reuters) - Après un retard d'un an, les scientifiques ont relancé l'accélérateur de particules du Centre européen de recherche nucléaire, construit pour reproduire les conditions du "Big Bang".
Des faisceaux de particules ont commencé à circuler dans les deux sens dans le Grand collisionneur de hadrons (LHC), un stade qui va déjà au-delà de celui atteint en septembre 2008 lors d'une première tentative, a déclaré James Gillies, porte-parole du Cern.
L'expérience consiste à faire entrer les particules en collision à une vitesse proche de celle de la lumière - quand l'accélérateur fonctionnera à pleine puissance, ce qui devrait prendre plusieurs semaines. Elles devraient alors faire jaillir des particules élémentaires encore jamais observées qui pourraient contribuer à expliquer les origines de l'univers.
En septembre 2008, des problèmes techniques avaient contraint le Cern à arrêter le LHC neuf jours seulement après son lancement, et les réparations ont pris plus de temps que prévu.
Le LHC est censé propulser les protons grâce notamment à 9.300 aimants supraconducteurs, mais la panne de septembre avait endommagé 53 de ces aimants.
"Nous sommes plus avancés maintenant que nous ne l'étions l'an dernier au bout de cinq jours d'expérience", a déclaré Steve Myers, directeur des accélérateurs, en soulignant que l'année supplémentaire a permis aux chercheurs d'améliorer les instruments et les logiciels.
"EFFORT HERCULÉEN"
En outre, la sensibilité des protections du circuit situé sous la frontière franco-suisse a été accrue.
"S'il arrive quoi que ce soit, nous n'aurions pas autant de dégâts que nous avons eu l'an dernier", a assuré Steve Myers.
Le Cern, une organisation née il y a 55 ans et qui compte 10.000 scientifiques et techniciens de par le monde, a démenti catégoriquement que l'expérience risque d'entraîner l'absorption de la Terre dans de mini-trous noirs.
Rolf Heuer, directeur général du Cern, a souligné que la relance de l'accélérateur avait réclamé un "effort herculéen".
"Nous avons encore du chemin à parcourir avant que les expériences physiques ne reprennent, mais avec cette étape franchie, nous sommes en bonne voie", s'est-il félicité.
Si les choses continuent de progresser à ce rythme, les scientifiques seront peut-être capables avant Noël d'accélérer les particules à un niveau jamais atteint jusqu'ici, mais les collisions à pleine puissance susceptibles d'aider à mieux comprendre l'origine de l'univers n'interviendront pas avant janvier prochain, a déclaré Steve Myers.
Pour l'heure, la prochaine étape importante est attendue d'ici une semaine avec des collisions à faible puissance, a indiqué le Cern.
L'expérience peut être suivie sur http://twitter.com/cern.
Version française Nicole Dupont
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