Contenu :
par Emile Picy
PARIS (Reuters) - L'irruption de militants de l'organisation écologiste Greenpeace dans l'hémicycle continue de faire des remous à l'Assemblée nationale.
Le soutien affiché par les trois députés Verts, notamment Noël Mamère et Yves Cochet, à cette action spectaculaire, mercredi, a provoqué de vives réactions dans la majorité et l'embarras d'autres élus de gauche.
Pour appeler les élus et Nicolas Sarkozy à agir contre le réchauffement climatique, des militants de l'ONG écologiste munis de cordes et de banderoles sont montés sur le toit du Palais-Bourbon et l'un d'eux a tenté de descendre en rappel dans l'hémicycle.
Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a confirmé avoir porté plainte contre Greenpeace pour ces deux incidents.
Sans citer de noms, il a déclaré qu'un ou plusieurs députés Verts avaient "probablement" aidé les militants. "Il y aura certainement des suites qui vont être données, non pas pour les applaudissements mais pour, probablement, un certain nombre d'initiatives qui ont été prises et qui ont probablement facilité cette opération", a-t-il dit sur France Info.
Selon des sources parlementaires, Noël Mamère, qui dément toute implication, est soupçonné d'avoir laissé Greenpeace utiliser son bureau pour y entreposer du matériel destiné à l'action qui n'a pas été détecté par les services de sécurité à l'entrée de l'Assemblée.
Le président du groupe Nouveau Centre, François Sauvadet, a demandé des sanctions à l'encontre du député de Bègles.
Le public peut assister aux débats dans l'hémicycle en demandant des invitations, appelées "tickets de séance", aux députés, ce que l'ONG dit avoir fait.
Greenpeace assure que son équipe n'a bénéficié d'aucune aide extérieure. "On a en quelque sorte respecté les procédures de l'Assemblée", déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, sur le site lexpress.fr.
"ATTEINTE À LA DÉMOCRATIE"
Selon le groupe socialiste à l'Assemblée, trois députés PS ont vu leur bonne foi abusée" par les militants de Greenpeace qui leur avaient demandé des invitations.
"Il leur est évidemment impossible de vérifier l'identité et les motivations de chaque demande, sauf à se transformer en enquêteurs ce qui n'est pas dans leur mission", précise un communiqué du PS.
Le président de l'Assemblée a estimé que ces deux incidents relevaient de méthodes "antidémocratiques et violentes".
"Si on empêche la représentation nationale de faire son travail, on porte atteinte à la démocratie", a pour sa part jugé le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. "Même les députés les plus hostiles au gouvernement ne s'y retrouvent pas", a-t-il dit sur France 2.
Une alerte à la bombe et l'évacuation de l'hémicycle qui a suivi ces incidents a paralysé les travaux pendant près de trois heures mercredi. Les procédures de contrôle et de sécurité ont été renforcées dès jeudi.
Ces incidents s'ajoutent à l'atmosphère parfois lourde que connait l'Assemblée nationale depuis plusieurs mois.
Depuis la rentrée, l'examen de certains textes, comme la réforme de la taxe professionnelle ou celle des collectivités locales, critiquées tant par l'opposition qu'au sein de la droite, a contribué à dégrader le climat au Palais-Bourbon.
Le débat, à partir du 15 décembre, sur le projet de loi réformant le statut de La Poste, vivement contesté par la gauche, s'annonce tout aussi périlleux.
Bernard Accoyer a dû venir un moment jeudi dans l'hémicycle pour calmer les esprits lors d'une réunion de la commission des Affaires économiques, son président, l'UMP Patrick Ollier, refusant de siéger en séance au côté de Noël Mamère.
"On ne peut pas reprendre les débats avec la même personne comme si rien ne s'était passé", a estimé le député de la majorité. Après intervention du président de l'Assemblée, les travaux ont pu reprendre, les deux députés assis côte-à-côte.
Avec le Service France, édité par Gilles Trequesser
© 2009 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :