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par Emile Picy
PARIS (Reuters) - Les députés UMP qui avaient lancé la fronde contre la suppression des panneaux signalant les radars fixes en France ont crié victoire mardi après l'annonce de dispositions allant dans le sens de leurs revendications.
S'il a plaidé pour la fermeté dans la lutte contre la hausse de la mortalité routière, le gouvernement n'en a pas lâché du lest sur la mesure qui avait provoqué l'ire des parlementaires.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a ainsi annoncé aux députés qu'aucun panneau ne serait plus démonté sans une concertation locale et que chaque panneau supprimé serait remplacé par un radar pédagogique indiquant aux automobilistes leur vitesse, a rapporté le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob.
"C'est-à-dire qu'avant chaque radar fixe, il y aura un radar pédagogique", a précisé Christian Jacob. "Il y aura aussi parfois des radars pédagogiques sans radar fixe mais il y aura un radar pédagogique avant chaque radar fixe."
Claude Guéant a en outre fait part aux députés de la volonté du gouvernement de discuter avec les représentants des automobilistes et les fabricants d'avertisseurs de radars.
L'Assemblée nationale a créé mardi une mission d'information sur les causes des accidents de la route.
"On peut se féliciter", a déclaré Christian Jacob à l'issue de la traditionnelle réunion du bureau du groupe UMP, à laquelle assistait le Premier ministre François Fillon, dont la position affichée jusqu'à présent avait mécontenté les députés.
"La position du groupe a été unanime", a ajouté le patron des députés UMP. "Mes propositions de la semaine dernière ont été reprises intégralement par le gouvernement."
NI GAGNANT, NI PERDANT
Richard Mallié, qui était l'initiateur d'une lettre signée par quelque 80 députés et adressée lundi à François Fillon, accusé de rester sourd aux protestations suscitées par les mesures annoncées par le gouvernement, s'est lui aussi réjoui des dispositions dévoilées mardi.
"Je dis qu'il y a une avancée phénoménale", a dit le député des Bouches-du-Rhône dans les couloirs de l'Assemblée.
"Il n'y a pas de perdant ni de gagnant. Il y a des députés qui sont là pour exprimer ce que ressentent nos concitoyens. Nous avons discuté avec l'exécutif, c'est notre rôle", a ajouté Richard Mallié.
S'il a donné l'impression de céder sous la pression des députés, l'exécutif n'en a pas mois réaffirmé sa volonté de lutter contre la hausse de la mortalité routière en France.
Lors du petit déjeuner hebdomadaire des dirigeants de la majorité à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a ainsi répété qu'il serait "inflexible" sur l'objectif de réduire le nombre de morts et de blessés sur les routes, ont rapporté des participants.
Les accidents de la route tuent environ 4.000 personnes chaque année en France. Le nombre de morts sur les routes françaises a augmenté de près de 20% en avril par rapport au même mois en 2010, avec 355 décès.
"Les chiffres du mois d'avril sont catastrophiques. Si on ne fait rien, ça va repartir durablement à la hausse", a dit le chef de l'Etat en substance, selon un participant.
Le président a cependant ajouté qu'il appartenait au Premier ministre de définir les modalités de mise en oeuvre de cet objectif de réduction des victimes de la route, a précisé un autre responsable de la majorité.
SPORT NATIONAL
Le groupe UMP de l'Assemblée avait violemment critiqué les mesures de sécurité routière arrêtées le 11 mai par le gouvernement, surtout la fin de la signalisation des radars fixes.
François Fillon, qui avait été chahuté une semaine plus tôt sur le même thème par les députés UMP, pourtant considérés comme son principal soutien, a insisté mardi sur la nécessité d'agir pour diminuer la mortalité au volant.
"Ce sont des mesures impopulaires, je le sais", a-t-il dit. "Les mesures de sécurité routière n'ont jamais fait l'unanimité dans un pays où le sport national est de ne pas respecter les règles."
Avant la réunion de mardi, Philippe Meunier, député UMP du Rhône, avait signalé que l'heure était grave.
"Il faut sortir par le haut de cette affaire-là, qui peut en effet entraîner une crise politique au sein de la majorité", avait dit sur Europe 1 ce député de la Droite populaire, aile droite de l'UMP, en pointe sur ce dossier.
Edité par Patrick Vignal
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