Contenu :
par Vicky Buffery
PARIS (Reuters) - Les chances d'atteindre une croissance économique de 2,5% en France en 2011, comme le prévoit le gouvernement, s'éloignent selon une enquête Reuters auprès d'économistes, qui jugent que les mesures de redressement budgétaire en Europe pèseront sur la demande.
Dix-sept économistes interrogés par Reuters attendent ainsi une hausse du produit intérieur brut de 1,3% l'an prochain (prévision médiane), contre 1,7% dans un sondage équivalent réalisé en avril.
La prévision médiane pour 2010 est de 1,3% contre 1,4% en avril.
"Les mesures de rigueur en France et dans les pays voisins vont peser sur la demande et nous attendons une baisse de la consommation et de l'investissement dans un certain nombre de pays européens", a dit Maxime Lemerle, économiste chez Euler Hermes.
Les économistes prévoient désormais que la consommation des ménages, un pilier de la croissance française, augmentera de seulement 1,1% en 2011, alors qu'ils attendaient 1,4% en avril.
Plus des deux tiers des exportations françaises se faisant vers l'Europe, la faiblesse de la demande dans la région devrait peser lourdement sur les échanges, selon Maxime Lemerle, qui prévoit une croissance du PIB de 1,1% en 2011, contre 1,8% auparavant.
Le gouvernement prévoit que la croissance atteindra 2,5% par an entre 2011 et 2013, ce qui l'aiderait à réduire son déficit public de 8% en 2010 à 6% en 2011, 4,6% en 2012 et 3% en 2013.
Une croissance plus faible pourrait entraîner des mesures additionnelles de réduction du déficit ou de hausse des impôts.
"Si nous avons moins de croissance, certaines dépenses auront tendance à augmenter, comme celles liées à l'emploi. Donc, à mon avis, ils pourraient avoir à augmenter un peu les prélèvements", a dit Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a dit qu'elle n'excluait pas de réviser la prévision de croissance pour 2011 après la publication mi-août des chiffres du PIB du deuxième trimestre.
Son homologue du Budget, François Baroin, a précisé que les objectifs de réduction du déficit seraient atteints, même si la croissance était inférieure à la prévision.
Le gouvernement prévoit de ramener le déficit public à 6% fin 2011, soit 40 milliards d'euros de moins qu'en 2010. Selon François Baroin, 15 milliards proviendront de l'extinction du plan de relance, 14 milliards d'économies et 11 milliards de la hausse des recettes.
Version française par Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse
(c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :