Contenu :
PARIS (Reuters) - La filière française des fruits et légumes pourrait bénéficier en 2010 d'exonérations de charges patronales pour les travailleurs saisonniers afin d'être plus compétitive, annonce le ministre de l'Agriculture.
Bruno Le Maire a jugé prioritaire la piste des exonérations pour mettre fin à la crise que traverse le secteur. Son coût serait de "plusieurs dizaines de millions d'euros".
Le ministre a ouvert mardi avec les acteurs du secteur des discussions sur la productivité et l'organisation de la filière, après la forte baisse cet été des prix aux producteurs.
Ces derniers se sont réjouis d'un "premier pas".
"On prend ce qu'on nous donne tout de suite même si c'est pas glorieux", a dit à la presse Angélique Delahaye, présidente de l'organisation de producteurs Légumes de France, à l'issue de cette table ronde.
Début août, le gouvernement avait alloué une enveloppe de 15 millions d'euros sous forme de prise en charge de remboursements d'intérêts et de cotisations fiscales.
"On peut aller plus loin", a dit le ministre de l'Agriculture lors d'une conférence de presse. "La voie la plus raisonnable est celle de l'exonération supplémentaire de charges patronales pour les travailleurs saisonniers."
Le ministre souhaite faire baisser le coût de production de près de 12 euros de l'heure à moins de 10 euros, contre six euros en Allemagne ou sept euros en Espagne.
"Une baisse de deux euros, ce serait un coût élevé pour le budget de l'Etat. Nous sommes en train d'expertiser, mais ce serait plusieurs dizaines de millions d'euros", a-t-il dit.
De nouvelles réunions auront lieu d'ici à la fin du mois d'octobre et Bruno Le Maire espère des arbitrages rapides au sommet de l'Etat pour une mesure applicable dès le début 2010.
Par ailleurs, le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, a demandé aux producteurs et grossistes "la suppression des rabais" et aux distributeurs "la modération des marges".
Il a insisté sur la nécessité de "contractualiser" les relations. "Il faut supprimer les pratiques qui consistent à fixer les prix par oral", a-t-il dit après la même réunion.
La filière fruits et légumes est aussi confrontée au remboursement de 500 millions d'euros d'aides publiques versées entre 1992 et 2002, demandée par la Commission européenne.
Le ministre de l'Agriculture a indiqué qu'il établissait un rapport d'expertise sur le détail de ces aides, car il considère que "la somme ne doit pas atteindre 500 millions d'euros".
Clément Guillou, édité par Yves Clarisse
© 2009 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :