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par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) - Les Guadeloupéens se tiennent prêts à "régler dans la rue" leurs problèmes liés à la cherté de la vie et une grève générale est toujours envisagée à une date non déterminée, selon le porte-parole du LKP, Elie Domota.
Désireux de remobiliser la population un an après la longue grève de début 2009, le collectif organise à partir de mercredi une série de conférences, meetings et débats.
Samedi se déroulera une journée de solidarité de la Guadeloupe avec Haïti, son voisin des Caraïbes touché par un violent séisme la semaine dernière.
Le LKP avait été début 2009 à l'origine d'une grève contre la "vie chère" qui avait paralysé la Guadeloupe pendant 44 jours et s'était conclue par un accord dit "Bino" sur une augmentation mensuelle des bas salaires de 200 euros et diverses aides.
Un an après, le compte n'y est pas et l'Etat se fait "complice de l'escroquerie générale", affirme Elie Domota.
"Une chose est sûre, nous appellerons à la grève mais on ne sait pas encore à quelle date", a-t-il déclaré à Reuters par téléphone. "Le problème sera réglé dans la rue s'il le faut".
"L'ÉTAT EST GARANT DE LA 'PROFITATION'"
Malgré les décisions prises à la fin du conflit, la vie est, selon lui, toujours aussi difficile pour les quelque 405.000 Guadeloupéens.
"Il y a des produits pour lesquels les prix ont baissé et qui disparaissent des étalages, d'autres ont augmenté de 30%", dit le leader syndical.
Elie Domota dénonce en particulier la hausse du prix des carburants de quatre centimes d'euros le litre, entrée en vigueur le 1er janvier.
"Il faudrait que les choses soient claires entre les compagnies pétrolières, les raffineries et l'Etat, alors que là, c'est l'opacité la plus totale", dénonce-t-il. "L'Etat est garant de la 'profitation' et ça, nous ne l'acceptons pas".
L'accord "Bino", du nom de Jacques Bino, représentant syndical tué en marge de la grève générale de l'année dernière, prévoyait une hausse des bas salaires qui a été en partie appliquée.
Aux termes de l'accord, tous les salariés dont le salaire horaire de base est égal au smic et jusqu'à 1,4 smic voient leur revenu mensuel augmenter de 200 euros nets.
Elie Domota regrette que l'Etat ait modifié la base de calcul, "excluant ainsi 10.000 personnes, qui se retrouvent piégées".
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé début novembre 137 mesures en faveur des collectivités d'outre-mer pour lutter contre la vie chère et favoriser leur développement économique sur une période de cinq à dix ans.
Insatisfait, le collectif "contre la profitation" - terme créole désignant notamment les sur-profits réalisés par les sociétés en position de monopole - se dit prêt à redescendre dans la rue et affirme que les Guadeloupéens sont prêts à le suivre.
"Les Guadeloupéens sont toujours mobilisés, c'est la vitalité du mouvement social qui préserve les emplois", affirme Elie Domota, qui considère comme un "grand succès" la manifestation qui a réuni 22.000 personnes selon lui - 7.500 selon la police - le 9 janvier dernier à Pointe-à-Pitre.
Le collectif LKP regroupe tous les syndicats de Guadeloupe à l'exception de la CFTC ainsi que des associations culturelles et des partis politiques.
Edité par Sophie Louet
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