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STRASBOURG (Reuters) - La Cour de cassation a définitivement refermé le dossier de la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile, qui avait fait 87 morts et neuf blessés en Alsace le 20 janvier 1992.
Près de 18 ans après l'accident, la haute juridiction a rejeté le pourvoi formé par l'association des rescapés et des familles des victimes contre l'arrêt de la cour d'appel de Colmar qui avait relaxé les six prévenus, dont un ancien directeur technique d'Airbus, le 14 mars 2008, a-t-on appris auprès de l'association.
Un Airbus A320 d'Air Inter, ancienne filiale d'Air France, s'était écrasé de nuit sur une crête des Vosges située à 800 mètres d'altitude, alors qu'il s'apprêtait à atterrir sur l'aéroport de Strasbourg après un vol sans histoire en provenance de Lyon. Les secours avaient mis quatre heures et demie pour retrouver l'épave.
Ce premier accident impliquant un Airbus A320 lors d'un vol commercial tombait mal pour l'avionneur qui misait beaucoup sur cet appareil très innovant, devenu de facto l'avion de ligne le plus vendu dans le monde.
Premier appareil civil à commandes entièrement électriques, l'A320 était aussi le premier au sein de la compagnie française à appliquer le pilotage à deux. La disparition du mécanicien avait suscité une fronde des syndicats de pilotes au moment de sa mise en service quatre ans plus tôt.
A défaut de disposer de l'enregistrement des données du vol, trop endommagé, l'enquête a révélé une série de facteurs ayant pu contribuer à l'accident : des erreurs commises par le contrôleur aérien, une certaine inexpérience des pilotes sur l'appareil, l'absence, à l'époque, d'un avertisseur de proximité du sol et, plus grave pour Airbus, un défaut d'ergonomie sur le tableau de bord ayant pu amener l'équipage à programmer une descente quatre fois trop rapide.
Outre le contrôleur, deux cadres d'Air Inter, deux responsables de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ainsi que Bernard Ziegler, ancien directeur technique d'Airbus, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel.
Tous ont été relaxés en l'absence de "faute caractérisée" de leur part ayant pu avoir "un lien de causalité certain" avec la catastrophe, conditions nécessaires pour entrer en condamnation depuis la loi sur les délits non intentionnels, dite loi Fauchon, du 10 juillet 2000.
Airbus, à qui une faute de nature civile avait néanmoins été imputée en première instance, a été blanchi en appel.
Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet
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