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PARIS (Reuters) - Un tribunal de Paris a ordonné l'expulsion de jeunes militants du collectif "Jeudi noir" qui occupent depuis fin octobre un hôtel particulier du XVIIe siècle vide selon eux depuis plus de 40 ans.
Ce dossier a attiré l'attention car il illustre la crise du logement dans la capitale.
Invoquant le respect du droit à la propriété, la tutrice de la propriétaire âgée de 87 ans avait demandé au tribunal d'instance du Ve arrondissement l'expulsion des militants et plus de 140.000 euros d'indemnités (69.663 euros par mois).
Les juges ordonnent finalement aux "squatteurs" de payer 3.500 euros par mois d'indemnités, soit environ 10.000 euros au total pour la période durant laquelle ils ont occupé l'immeuble. La sanction passera à 25.000 euros par mois s'ils n'ont pas quitté les lieux dans huit jours, dit le jugement.
Me Pascal Winter, avocat du collectif "Jeudi noir", a dit à Reuters que ses clients feraient appel et entendaient poursuivre l'occupation.
Il considère par ailleurs comme une importante avancée le fait que le jugement est notifié à la préfecture "en vue de la prise en compte de la demande de relogement des occupants".
La propriétaire, Béatrice Cottin, 87 ans, qui vit en maison de retraite, considère l'immeuble, où naquit la marquise de Sévigné, écrivain célèbre du XVIIe, comme sa "résidence principale", même si elle n'y a presque jamais habité en raison de travaux, ont dit ses avocats.
Me Pascal Winter, avocat du collectif "Jeudi noir", invoquait la loi sur le "droit au logement opposable" votée en mars 2007 et qui donne aux sans-logis le droit de contester en justice l'impossibilité d'accéder à un foyer.
La municipalité socialiste de Paris avait exprimé son soutien à "Jeudi noir" et appelé les juges à la "clémence".
La Fondation Abbé Pierre recense en France 100.000 personnes vivant dans la rue, 493.000 "privées de domicile personnel" et vivant en foyers, habitats de fortunes, chez des tiers ou à l'hôtel, ainsi que plus de deux millions de personnes habitant dans des logements précaires, insalubres ou surpeuplés.
A Paris, selon le recensement de 1999, il y avait 136.000 logements vides, un chiffre qui aurait peu évolué. En 2006, les statistiques fiscales montrent que 18.600 étaient vides depuis plus de deux ans.
Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse
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