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20/07/2012, 15:29 - 475 mots
par Benjamin Kang Lim
PEKIN (Reuters) - Le régime nord-coréen prépare des réformes agricoles et économiques après que Kim Jong-un et son oncle ont consolidé leur pouvoir en écartant cette semaine le chef de l'armée, opposé au changement, selon une source ayant d'étroits contacts tant avec le régime de Pyongyang qu'avec la direction chinoise.
Selon cette source, le gouvernement nord-coréen a mis en place un bureau spécial qui est chargé de reprendre à l'armée le contrôle de l'économie déliquescente.
La chute du vice-maréchal Ri Yong-ho et de ses alliés confère une plus grande marge de manoeuvre au jeune dirigeant Kim Jong-un et à son oncle Jang Song-thaek, considéré comme détenant réellement les rênes du pouvoir, pour redresser l'économie délabrée du pays.
Les changements pourraient se traduire par les plus grandes réformes qu'ait connues ce pays isolé et secret depuis des décennies. Les précédentes tentatives pour créer une économie plus axée sur le marché ont piétiné et la réforme monétaire lancée à l'automne 2009 a été un échec, entraînant sans doute l'exécution du haut fonctionnaire qui en avait la charge.
"Ri Yong-ho était le partisan le plus fervent de la politique de Kim Jong-il (ndlr, le père et prédécesseur de Kim Jong-un) donnant la priorité à l'armée", a déclaré la source, qui a requis l'anonymat.
Officiellement, le vice-maréchal Ri a été relevé de toutes ses fonctions pour raisons de santé.
En fait, il a payé son opposition à ce que le gouvernement prenne le contrôle de l'économie à la place de l'armée, rectifie cette source, dont la fiabilité a été vérifiée à plusieurs reprises par le passé - il avait notamment annoncé quelques jours à l'avance le premier essai nucléaire nord-coréen, en 2006, ainsi que l'ascension de Jang Song-thaek dans la hiérarchie.
Le vice-maréchal Ri était très proche de Kim Jong-il, son père avait combattu les Japonais au côté de Kim Il-sung, père de Kim Jong-il et fondateur et "président éternel" de la Corée du Nord.
L'explication fournie par cette source est un signe de plus de la lutte de pouvoir qui se joue en ce moment à Pyongyang et semble tourner à l'avantage de Kim Jong-un, nommé cette semaine maréchal de la république, nouvelle étape de son ascension depuis le décès de Kim Jong-il en décembre, et de son oncle Jang.
Quant à la volonté de "démilitariser" le contrôle sur l'économie, certains "coréanologues" y voient la mise en oeuvre de réformes conçues par Kim Jong-un. Pour Yoo Ho-yeol, qui enseigne à l'Université de Corée à Séoul, Kim et Jang devraient ainsi promouvoir des projets de co-entreprises avec des partenaires chinois, voisin et seul pays vers lequel Pyongyang peut se tourner.
"Par le passé, le gouvernement était une coquille vide qui n'avait pas son mot à dire sur l'économie. L'armée contrôlait l'économie, mais ceci va changer", reprend cette source.
Avec Sabrina Mao à Pékin et Jack Kim à Séoul; Hélène Duvigneau et Henri-Pierre André pour le service français