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Le chantier EPR de Flamanville accuserait un retard de deux ans

PARIS (Reuters) - Le chantier du réacteur nucléaire de nouvelle génération de Flamanville (Manche) dirigé par EDF a pris deux ans de retard, voire davantage, rapporte Le Figaro.

Selon le journal, l'achèvement de ce prototype d'EPR ne devrait pas intervenir avant 2014, tandis qu'EDF maintient la date d'une mise en service en 2012.

"Selon certaines sources proches du dossier, le chantier est en retard. Très en retard même", écrit Le Figaro.

"(Le nouveau P-DG d'EDF) Henri Proglio, qui réorganise actuellement la direction de la production chez EDF, sait que tôt ou tard il devra communiquer au sujet de Flamanville", ajoute le quotidien.

Une porte-parole de l'électricien public français a cependant déclaré que le groupe visait toujours un démarrage de l'EPR de Flamanville en 2012, avec une production d'électricité commercialisée en 2013. Le groupe avait confirmé en novembre que ce projet devrait coûter au total quatre milliards d'euros.

Areva pour l'îlot nucléaire, Bouygues pour le génie civil et Alstom pour le turbo-générateur sont eux aussi associés à la construction de l'EPR de Flamanville, d'une capacité de 1.650 mégawatts.

Parmi les raisons du retard du chantier, Le Figaro cite une ingénierie d'EDF qui, si elle "reste très réputée à travers le monde, n'est plus aussi affûtée après quinze ans sans chantier majeur".

Le journal ajoute que les exigences de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) "réclament beaucoup plus de temps que prévu" pour être mises en oeuvre.

André-Claude Lacoste, le président de l'ASN, a simplement déclaré lors d'une cérémonie de voeux de l'autorité que le chantier de l'EPR de Flamanville progressait "dans des conditions tout à fait correctes".

REMETTRE LA FILIÈRE "EN ORDRE DE MARCHE"

Patrick Kron, P-DG d'Alstom, a de son côté souligné lors d'une interview sur Radio Classique qu'il ne lui revenait pas de faire de commentaires sur le calendrier.

"Il y a eu un grand élan nucléaire qui, pendant une période, s'est totalement arrêté (...). La construction d'une centrale associe une filière industrielle et il faut remettre graduellement cette filière en ordre de marche. Que ça patine un peu au début, c'est quelque chose qui ne me surprend absolument pas", a-t-il dit.

EDF et Areva, le concepteur de l'EPR, ont largement misé sur ce réacteur de nouvelle génération dans le cadre de leur stratégie à l'international. Quatre EPR sont actuellement en construction - dont deux en Chine - et 19 autres sont en projet.

Areva est cependant confronté à d'importantes difficultés sur le chantier de l'EPR finlandais, qui subit déjà un retard de trois ans et pour lequel le groupe a enregistré 2,3 milliards d'euros de provisions.

Selon Areva, la lenteur des procédures de validation de son client TVO est en grande partie responsable du retard du chantier.

En novembre, les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise ont par ailleurs fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis de la conception du système de contrôle et de commande de l'EPR.

La filière nucléaire française a en outre subi un revers majeur fin 2009 en perdant un appel d'offres pour des réacteurs nucléaires destinés aux Emirats arabes unis au profit d'un groupement mené par le sud-coréen Kepco.

L'EPR, proposé par les groupes français dans ce cadre, a été jugé trop cher par rapport aux réacteurs du groupement sud-coréen.

Raoul Sachs, Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot et Marc Angrand

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