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23/02/2013, 21:50 - 353 mots
ISTANBUL (Reuters) - Le dirigeant indépendantiste kurde emprisonné Abdullah Öcalan a fait un geste en direction du gouvernement turc en souhaitant la libération par ses partisans des captifs qu'ils détiennent.
Le geste du dirigeant historique du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est toutefois loin des espoirs émis par Ankara, qui avait autorisé jeudi une délégation d'élus pro-kurdes à rendre visite à Öcalan dans sa cellule de la prison de haute sécurité de l'île d'Imrali, près d'Istanbul.
La presse turque avait, avant la rencontre, évoqué la possibilité d'un appel au cessez-le-feu que lancerait le chef kurde.
Pervin Buldan, dirigeant pro-kurde du Parti pour la paix et de la démocratie (BDP) et membre de la délégation, a lu samedi une déclaration d'Öcalan dans lequel ce dernier fait état de son souhait de voir ses partisans libérer leurs détenus, des soldats capturés ou des fonctionnaires turcs enlevés.
"L'Etat et le PKK ont tous deux des prisonniers. Le PKK doit bien traiter ses prisonniers, et j'espère qu'ils pourront retrouver leur famille", dit le chef kurde, qui évoque ensuite les pourparlers de paix engagés entre les deux parties.
"Un processus historique est en cours. Toutes les parties doivent faire preuve de beaucoup de prudence et de sensibilité", ajoute-t-il.
Des milliers de militants du PKK ou de sympathisants présumés sont dans les prisons turques, où nombre d'entre eux attendent depuis des années un jugement.
Quelques heures auparavant, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan avait tenu un discours de fermeté vis-à-vis des séparatistes kurdes.
"Nous avons à plusieurs reprises dit que les armes devaient être remises et que les membres de cette organisation terroriste devaient quitter la Turquie", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Le PKK affirme que la moitié environ de ses 7.000 combattants se trouvent en Turquie, le reste étant basé dans les zones montagneuses du nord de l'Irak voisin. Ankara juge ces chiffres bien au-dessus de la vérité.
Depuis 1984, début de l'insurrection armée dans le sud-est de la Turquie, les combats et les attentats ont fait plus de 40.000 morts. Le PKK est officiellement considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne.
Ayla Jean Yackley, Pascal Liétout pour le service français