Contenu :
par Sergio Goncalves et Shrikesh Laxmidas
LISBONNE (Reuters) - Le Portugal prévoit de ramener d'ici 2013 son déficit budgétaire sous la barre de 3% du PIB fixée par l'Union européenne en réduisant l'investissement et en freinant la progression des salaires des fonctionnaires.
Selon un projet du programme de stabilité et de croissance 2010-2013 préparé par Lisbonne, l'objectif est d'atteindre une réduction du déficit à 2,8% du produit intérieur brut en 2013, contre 8,3% cette année, notamment en augmentant les impôts sur les hauts revenus et sur les produits des valeurs mobilières.
La réduction des dépenses comptera pour environ la moitié des mesures d'austérité et les gains sur les recettes pour environ 15%. Le gouvernement table également sur la reprise économique pour atteindre l'objectif visé.
Selon le document, l'économie portugaise, qui s'est contractée de 2,7% l'année dernière, devrait croître de 0,7% cette année, de 0,9% en 2011, de 1,3% en 2012 et de 1,7% en 2013.
"Ces prévisions de croissance sont plus ou moins réalistes. C'est là une différence positive avec le programme de stabilité et de croissance proposé par l'Espagne, qui table sur une croissance de 3% en 2012 et 2013", souligne Ralph Solveen, économiste de Commerzbank, à Francfort.
D'autres, comme Paula Carvalho de la banque BPI, à Lisbonne, estiment que des mesures supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires si la croissance n'est pas au rendez-vous. Selon elle, le plan "peut sembler trop dépendant de la croissance".
Le plan prévoit une réduction du déficit budgétaire à 6,6% du PIB l'année prochaine, à 4,7% en 2012, avant d'atteindre l'objectif de l'UE sous 3% l'année suivante.
"Nous parions sur la réduction du poids de l'Etat et de la dépense publique dans l'économie", a expliqué le ministre portugais des Finances Fernando Teixeira dos Santos. "Ce défi nous concerne tous (...) et il est important que nous ayons le soutien politique le plus large possible."
DÉBAT AU PARLEMENT LE 25 MARS
Estimée à 85,4% du PIB cette année, la dette publique devrait quant à elle s'élever à 90,1% du PIB en 2012, avant de retomber à 89,3% en 2013.
Le gouvernement espère lever 6 milliards d'euros sur cette même période grâce à la cession de participations de l'Etat dans des sociétés et à des privatisations, à hauteur de 1,2 milliard d'euros pour l'année 2010.
Les traitements des fonctionnaires ne seront pas revalorisés plus que l'inflation jusqu'en 2013 et seul un poste sur deux sera remplacé dans la fonction publique.
L'investissement public devrait passer de 4,9% du PIB l'année dernière à 2,9% en 2013. Dans le secteur de la défense, il sera ainsi réduit de 40%. La construction d'un train à grande vitesse entre Lisbonne, Porto et Vigo, en Espagne, sera ajournée. Les dépenses sociales et de santé feront également l'objet de mesures d'économies.
Le gouvernement a invité lundi l'opposition, les syndicats et les dirigeants du monde économique à discuter de ce plan d'austérité, et souhaite un débat au Parlement le 25 mars avant de transmettre son programme à Bruxelles avant la fin du mois.
Vendredi, le Parlement sera appelé à voter le projet de loi de finances 2010 qui inclut un gel des traitements de la fonction publique. Les sociaux-démocrates, principale formation de l'opposition, ont promis de s'abstenir, ce qui devrait permettre aux socialistes au pouvoir de faire adopter le texte.
Les principaux syndicats ont déjà annoncé qu'ils déclencheraient grèves et manifestations si le gouvernement ne prenait pas position en faveur d'une revalorisation des salaires.
Le plan d'austérité prévoit également un alourdissement du taux d'imposition des foyers fiscaux dont les revenus annuels sont supérieurs à 150.000 euros, qui passera de 42% à 45%. Bien que considérée comme symbolique par les économistes, cette mesure pourrait apaiser la colère des salariés et limiter les grèves, estiment les analystes politiques.
Version française Catherine Monin, édité par Dominique Rodriguez
© 2010 Thomson Reuters. All rights reserved. Reuters content is the intellectual property of Thomson Reuters or its third party content providers. Any copying, republication or redistribution of Reuters content, including by framing or similar means, is expressly prohibited without the prior written consent of Thomson Reuters. Thomson Reuters shall not be liable for any errors or delays in content, or for any actions taken in reliance thereon. "Reuters" and the Reuters Logo are trademarks of Thomson Reuters and its affiliated companies. For additional information on other Reuters media services please visit http://about.reuters.com/media/.
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :